Budget de l'État 2023Yuriko Backes: "Avec moi, il n'y aura pas de hara-kiri en politique financière"

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"Ceci un budget de crise", a déclaré ce mercredi la ministre des Finances Yuriko Backes en présentant le dernier projet de budget du gouvernement Bettel avant les prochaines élections législatives.
© SIP/ Jean-Christophe Verhaegen

Le projet de budget de l'État 2023 est un "budget de crise", mais il a été présenté ce mercredi devant les parlementaires comme étant à la fois "réaliste, solidaire et responsable" par la ministre des Finances, Yuriko Backes.

Le déficit de l'État central, sans les communes, ni la sécurité sociale donc, sera de 2,8 milliards d'euros cette année. Ce qui se reflète également dans la dette publique: l'année prochaine, elle atteindrait 26,3 % du PIB et même 29,5 % en 2026 comme l'avait déjà annoncé Xavier Bettel la veille lors de son discours sur l'état de la nation.

Yuriko Backes soulignant qu'il resterait tout de même en deçà de l'objectif d'un maximum de 30 % du PIB. Sans toutes les dépenses de crise de ces dernières années, la dette aurait atteint 23 % en 2026.

Pour la globalité de l'État soit l'État central, les communes et la sécurité sociale compris- un déficit de 1,8 milliard d'euros est à prévoir pour 2023. Les recettes de l'État s'élèvent à près de 24,5 milliards d'euros.

L'année prochaine, des investissements de 3,8 milliards d'euros sont prévus. Ce qui correspond à environ 4,6 % du PIB. Ce sont plus de 600 millions de plus que cette année.

Yuriko Backes a expliqué ce mercredi devant le parlement que l'État a mis 5,5 milliards d'euros sur la table pour faire face à la pandémie et aider les particuliers, comme les entreprises. De sorte qu'il n'y a pas la marge nécessaire pour procéder à une réforme fiscale majeure.

Une individualisation des barèmes fiscaux coûterait 2 milliards d'euros à l'État par an, a-t-elle prévenu. Cela nuirait à la confiance envers le Luxembourg. La réforme fiscale n'est pas annulée, mais reportée.

DES MESURES FISCALES PLUS CIBLÉES

Le crédit d'impôt est actuellement de 1.500 euros par an pour un revenu allant jusqu'à 35.000 euros par an. À l'avenir, il sera porté à 2.505 euros pour un revenu allant jusqu'à 60.000 euros par an, puis décroîtra progressivement jusqu'à un revenu de 100.000. Cela représente 1.000 euros de plus par an.

Dans le domaine du logement, une politique "cohérente" est menée à ses yeux. La ministre des Finances a répété les changements prévu pour l'amortissement accéléré. Un avantage fiscal lors d'un investissement dans le locatif dont il ne sera dorénavant possible de ne profiter que deux fois dans sa vie.

Pour attirer des talents de l'étranger, le seuil de revenu pour pouvoir bénéficier d'avantages sera abaissé de 100.000 à 75.000 euros. Dans le même ordre d'idées, les avantages que les entreprises peuvent accorder à leurs salariés seront également redéfinis plus largement.

La TVA pour l'installation de panneaux solaires sera réduite de 17 à 3%. Pour les réparations d'appareils électroménagers, elle passera de 17 à 8%. La TVA pour l'achat de vélos électriques passera à 8%. Comme décidé lors de la tripartite de septembre, ces taux diminueront également d'un point de pourcentage supplémentaire, soit à 7 %.

Les investissements resteront "élevés" à 3,8 milliards d'euros l'an prochain. 600 millions de plus que cette année. Ils sont nécessaires de toute urgence pour de nouvelles infrastructures: routes, voies ferrées, bâtiments, écoles.

Avec ce projet de budget, le ministre des Finances estime que le Luxembourg sortira renforcé de la crise. Malgré le fait qu'elle a également déclaré que personne ne pouvait prédire si la zone euro glissera ou non dans une récession l'année prochaine. Même la prévision d'une baisse de l'inflation à 2,8 % l'an prochain, en raison du ralentissement des prix de l'énergie, n'est "pas gravée dans le marbre".

Le délai pour faire sa déclaration de revenus au Luxembourg est prolongé jusqu'au 31 décembre et non plus jusqu'à fin mars, voire fin mai, comme actuellement.

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