
Les parcelles concernées ont été reclassées en décembre dernier, un pas vers la réalisation du projet a ainsi été franchi. Les riverains s'étonnent.
Pas seulement à cause du bruit éventuel ou de la saleté, mais parce qu'il n'y a pratiquement pas de communication. Sandra Schenge habite juste à côté du terrain concerné. Elle a acheté la maison quatre ans auparavant et elle vient d'apprendre, par hasard, qu'une usine d'embouteillage d'eau doit s'implanter là.
Elle se pose de nombreuses questions: "Où en est la procédure? Quand la première pierre sera-t-elle posée? Il faut simplement qu'il y ait un échange, sinon il y aura des incertitudes chez les deux parties. Si on n'a aucune plateforme pour échanger, c'est difficile."
L'usine doit être construite près de la route d'Echternach. Un particulier voudrait faire embouteiller son eau minérale pour ensuite la vendre. Il a découvert la source sur son terrain il y a 20 ans, à trois kilomètres de distance. Comme il y a là une zone Natura 2000, l'eau devra être acheminée à Graulinster avec une pompe. Le propriétaire peut tirer du sol au maximum 140 mètres cubes, soit environ 10 camions par jour. Avant que l'usine soit en service, beaucoup d'eau va encore couler sous les ponts.

Selon Michèle Goedert, élue au conseil communal de Junglinster sous l'étiquette des "Gréng", les choses devraient rester en l'état: "On ne peut pas simplement dire: si nous ne prenons pas l'eau, elle sera perdue.Il y a un cycle de l'eau et cette eau revient toujours quelque part. Il faudrait veiller à ce qu'elle soit conservée dans la commune, et pas transmise à des particuliers."
Par ailleurs, il manquerait un certain nombre de données importantes sur l'impact environnemental.
Le propriétaire de la source n'a pas souhaité être interviewé. A la place, il a envoyé une délégation composée d'un hydrologue et d'une personne, qui n'a voulu ni donner son nom, ni être filmée. L'expert travaille depuis 20 ans pour le propriétaire. Selon lui, l'exploitation du site ne nuirait pas à la nature et l'eau de la source ne serait pas destinée à alimenter le réseau d'eau potable de la commune en raison de sa forte concentration en minéraux.
Reste la question de la communication. Aurait-il fallu plus de transparence? Tout aurait été fait dans les règles, estime le bourgmestre de Junglinster, Roman Reitz: "Je pense qu'il y a déjà eu de la communication. [L'avis] a été placardé et nous l'avons communiqué comme le prescrit la loi. Au même moment, les propriétaires ont organisé une réunion d'information à laquelle beaucoup de gens ont participé."
Un rendez-vous a été fixé à la mi-octobre avec les opposants au projet d'usine, mais la réunion ne sera pas publique.
Le reportage de RTL en luxembourgeois: