
Une boucherie a besoin de réfrigérateurs et de chambres froides pour conserver ses produits. Ce sont précisément ces appareils qui consomment beaucoup d'énergie et qui vont coûter cher. Il serait cependant difficile de réduire la consommation, explique Anne Kaiffer, gérante d'une boucherie dans la Grand Rue à Luxembourg:
"Là vous ne pouvez pas dire, je vais éteindre pendant deux heures. C'est simplement une affaire de sécurité alimentaire. Pendant le processus de production aussi, nous travaillons avec des machines comme les fours, qui nécessitent beaucoup d'énergie. Ce sont des choses, où vous pouvez difficilement dire, maintenant je fais des économies, car sinon vous ne pouvez plus produire du tout."
Les prix des matières premières augmentent aussi. Les entreprises s'interrogent: devront-elles à court ou à long terme répercuter les coûts sur leurs clients?
"A un moment donné, ce ne sera pas possible de faire autrement, vous devez savoir que dans l'artisanat, nous avons des marges entre 1 et 3%, ces marges se réduisent de jour en jour, soit à cause des prix de l'énergie, soit des emballages, dont le prix a doublé cette année. Et c'est également quelque-chose que nous sommes tenus de faire, nous ne pouvons pas simplement jeter la viande dans le sac du client", explique Anne Kaiffer.
Des marges bénéficiaires qui s'amenuisent, c'est aussi un problème dans une boulangerie de Niederkorn. Franck Iffli, directeur d'une chaîne de boulangeries:
"Nous, en tant qu'artisans, ce qu'on essaie de faire, c'est qu'on va perdre sur la marge. A chaque fois qu'il y a une augmentation on ne va pas forcément la répercuter dans l'immédiat, donc nos marges fondent jour après jour et c'est cela notre difficulté. Notre difficulté c'est de survivre à un moment donné. Nos clients n'ont pas les moyens de mettre 2,50 euros pour une baguette. Donc on essaie de faire une formule trois baguettes achetées, une offerte."
L'entreprise de Niederkorn tente aussi de réduire l'usage des fours:
"La journée, on essaie de maîtriser cela en adaptant les horaires de travail des boulangers, des pâtissiers, des viennoisiers pour essayer de restreindre le temps d'utilisation de nos fours, mais ce n'est pas déterminant dans la réduction des coûts."
Il n'y a pas que les entreprises qui doivent y regarder à deux fois, les clients aussi. Les deux commerçants ont remarqué que les clients feraient plus attention à ce qu'ils achètent et surtout aux quantités achetées.