Maria Eduarda de Macedo est née en 1960 à Lisbonne. Elle avait donc 14 ans quand la révolution des œillets a débuté et en garde des souvenirs très précis. Fille de la célèbre chanteuse Simone de Oliveira, qui a représenté deux fois le Portugal à l'Eurovision, Maria vit au Luxembourg depuis 38 ans.
En 1986, elle fut l'une des premières traductrices à venir du Portugal au Luxembourg pour travailler auprès de la Communauté Européenne. Cette révolution a changé sa vie: "Sans le 25 avril, je ne serais pas qui je suis aujourd'hui".
Le Portugal fête jeudi le cinquantenaire de la Révolution des Oeillets, un coup d'Etat sans effusion de sang mené par de jeunes officiers pour mettre fin à 48 ans de dictature et 13 années de guerres coloniales.
Les célébrations de l'avènement de la démocratie au Portugal interviennent cette année dans un contexte marqué en outre par une nouvelle percée électorale de l'extrême droite, le parti "Chega" ("Assez") ayant renforcé son rang de troisième force politique du pays avec 18% des voix.
"Je suis triste de ce résultat, je suis triste que la majorité des Portugais du Luxembourg a voté pour ce parti" avoue, un peu amère Maria Eduarda de Macedo.
Selon une enquête publiée la semaine dernière, la moitié des personnes interrogées a estimé que le régime autoritaire renversé en 1974 avait davantage d'aspects négatifs que positifs, mais un cinquième d'entre elles a affirmé le contraire.
En tout cas, 65% de l'échantillon a considéré que la révolution du 25 avril était l'événement le plus important de l'histoire du Portugal, loin devant l'adhésion à l'ancêtre de l'Union européenne en 1986, ou la fin de la monarchie en 1910.
Le renversement de la dictature au Portugal est au cœur d’une grande exposition au Nationalmusée um Fëschmaart. Elle a ouvert ses portes ce 25 avril 2024, exactement cinquante ans après la Révolution des Œillets.
A lire sur le même sujet : De Lisbonne à Luxembourg, un vent de révolution.