LuxembourgRendre inventaires et fonds plus accessibles : le défi des Archives nationales

Marc Hoscheid
adapté pour RTL Infos
Josée Kirps, la directrice des Archives nationales, était l'invitée de la rédaction de RTL jeudi matin.
© Andy Brücker

Après 23 ans à la direction des Archives nationales, Josée Kirps prendra sa retraite à la fin de l’année. Parmi les étapes les plus importantes des dernières décennies figurent l’élaboration d’une nouvelle loi sur les archives ainsi que le déménagement vers le nouveau site de Belval. Pour l’avenir, le principal défi sera la gestion de la numérisation.

Selon Josée Kirps, il n’existe pratiquement aucun sujet que l’on ne puisse trouver aux Archives nationales. Y sont conservés aussi bien des contrats officiels de grande importance que, par exemple, des plaques ayant servi à imprimer des sous-bocks. En théorie, même des Post-it pourraient être concernés. La signification historique et sociétale des documents est plus importante que la qualité du matériel. Cela ne signifie toutefois pas que tout est systématiquement archivé. Depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur les archives en 2018, des tableaux de tri ont par exemple été élaborés pour l’ensemble des ministères et administrations.

"Il faut imaginer cela comme un tableau dans lequel sont répertoriés tous les documents produits dans un ministère ou une administration. Pour chaque type de document, il est également indiqué combien de temps il doit être conservé. Par exemple, les factures doivent être conservées pendant dix ans. Ensuite, il existe deux options : soit les documents sont détruits, soit ils sont versés aux Archives nationales. Cela signifie qu’il existe tout de même un système bien défini."

L’un des points importants de la loi de 2018 concernait les délais de communicabilité, qui peuvent, dans certains cas exceptionnels, aller jusqu’à 100 ans. Il est certes possible de demander une dérogation auprès de l’administration compétente, et celle-ci est généralement accordée. Néanmoins, les Archives nationales travaillent actuellement avec le ministère de la Culture à une adaptation de ces délais. Il s’agit de trouver un équilibre entre, d’une part, la nécessité de ne pas entraver la recherche et, d’autre part, le respect du droit à la vie privée des personnes concernées.

De plus en plus de documents sont numérisés. Cependant, il apparaît que les jeunes générations ont souvent davantage de difficultés à trouver des informations. C’est pourquoi les Archives nationales travaillent actuellement à présenter leurs inventaires de manière à les rendre encore plus accessibles au public.

"Chez nous, il ne suffit pas de saisir un mot-clé, par exemple 'procès de sorcellerie', pour obtenir immédiatement toutes les données, comme c’est le cas avec les gros moteurs de recherche bien connus. Chez nous, il faut en fait réfléchir soi-même : si je veux écrire quelque chose sur les procès de sorcellerie, où puis-je trouver ces informations ? Car nous ne disposons pas d’un grand dossier intitulé simplement 'procès de sorcellerie'. C’est justement quelque chose que les jeunes ont un peu perdu aujourd’hui : cette démarche de réflexion. Ils effectuent leurs recherches différemment. C’est une question que nous nous posons également dans les archives, et pas seulement ici, mais aussi avec nos collègues des pays voisins : comment pouvons-nous présenter nos fonds et nos inventaires de manière à ce que le lecteur ou le chercheur y accède plus rapidement et s’y retrouve plus facilement dans ce que nous mettons à sa disposition ?"

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