
Après le discours sur l'état de la nation, prononcé par le Premier ministre Xavier Bettel mardi, c'était au tour de la ministre des Finances, Yuriko Backes, de présenter le projet de budget de l'Etat pour 2023 ce mercredi à 9h00 à la Chambre des députés.
Après la présentation, les députés n'ont pas tardé à réagir. Et tout d'abord comment se positionne le LSAP, membre de la coalition qui souhaite une grande réforme fiscale? Sans surprise, celle-ci n'a pas été annoncée par la ministre des Finances. Le président du groupe parlementaire LSAP, Yves Cruchten, le regrette explicitement, tout en tentant de souligner le positif pour son parti.
"Elle (la réforme fiscale) vient petit à petit. Nous avons aujourd'hui sept, huit, si on regarde bien presque neuf mesures fiscales différentes qui ont été annoncées. Sept d'entre elles figurent dans notre programme en 21 points. A cet égard, nous nous réjouissons, mais il nous manque bien sûr la grande réforme qui concerne l'impôt sur le salaire. En fait, nous convenons tous que cela doit arriver. La ministre nous a présenté un budget pluriannuel plutôt pessimiste pour les années à venir. Par conséquent, nous devons en fait rester prudents un an encore."
Il est toutefois évident pour les socialistes qu'ils s'en tiendront à une réforme fiscale de fond et en feront un thème de la campagne électorale, selon Yves Cruchten.
Le premier parti d'opposition, le CSV, a lui-même élaboré un projet pour une grande réforme fiscale: là, le barème fiscal serait d'abord ajusté à l'inflation. Mais les critiques du coprésident du groupe parlementaire CSV, sont plus générales:
"C'est un budget avec un déficit de 2,8 milliards d'euros. Après avoir retiré de l'argent des poches des gens pendant cinq ans, il n'y a pas d'allégements fiscaux. Et le problème qu'il y a là, ne date pas d'aujourd'hui. Il vient de ces dernières années. C'est une politique financière ratée. On n'a pas mis de côté une poire pour la soif. Les gens doivent toujours payer plus et n'obtiennent rien en contrepartie. Cela nous effraie et cela ne peut pas continuer ainsi. "
Tout comme le CSV, les autres partis de l'opposition saluent la hausse annoncée des crédits d'impôt pour les familles monoparentales et les bénéficiaires du salaire minimum.
Les Piraten se demandent toutefois d'où vont venir les 10% de recettes supplémentaires.
"J'ai le sentiment que les recettes ont été calculées à la hausse, afin de ne pas donner une image trop grave du déficit. Mais j'ai peur que les recettes n'augmentent pas nettement, alors que les dépenses si. Et alors le déficit explosera", a estimé Sven Clement.
Fernand Kartheiser, député ADR, se serait attendu à un peu plus de retenue de la part de l'Etat en ces temps difficiles:
"Faire des économies, ce n'est pas la même chose que pratiquer l'austérité. Avec des dépenses de l'ordre de 25 milliards, il y aura encore de la marge pour économiser dans des secteurs ou pour fixer d'autres priorités."
Le député ADR a immédiatement un secteur en tête: le Luxembourg pourrait moins investir dans l'aide au développement international.
Quant à déi Lénk, la députée Nathalie Oberweis critique le fait que le gouvernement ne s'attaque pas aux injustices structurelles. Après la présentation du budget, elle a toutefois cité des points positifs:
"En gros, nous sommes soulagés que les investissements restent à un niveau élevé. Nous voyons également dans ce budget certaines mesures que nous avions déjà demandées. L'amortissement accéléré, par exemple."