SécuritéQuelles solutions pour le quartier de la Gare à Luxembourg?

RTL Infos
Une politique autoritaire serait la voie à suivre pour le syndicat de la police. Quant aux solutions proposées par l'opposition communale, elles sont souvent très divergentes.

Une équipe de RTL est allée se rendre compte sur place, en compagnie de riverains et de policiers, de ce à quoi ressemblent les petits matins dans le quartier de la Gare de Luxembourg.

Il est 6h00 quand le groupe se met en route depuis le commissariat du quartier. Il croise quelques sans-abri qui ont passé la nuit dans la rue. D'autres, déjà levés, ont laissé des traces de leur passage. En passant par la rue du Commerce, le groupe longe un bâtiment de l'Ecole "Gare". De nombreux parents s'inquiètent de l'environnement dans lequel leurs enfants se rendent à l'école chaque jour.

Le docteur Jean-Marc Cloos, membre de l'association des parents d'élèves de l'Ecole Gare:

"Ici dans la rue du Commerce, il y a deux, trois prostituées, dans la rue suivante, il y a un sex-shop, si vous continuez dans les environs vous tombez sur des gens qui ont consommé massivement de l'alcool. Là aussi la police intervient régulièrement. Un peu plus bas, il y a des clochards qui dorment ou qui mendient. C'est-à-dire qu'autour de l'école, vous avez vraiment une grande scène de prostitution, de consommation de drogue, d'alcool et un sex-shop. Ce n'est pas terrible par rapport aux enfants qui sont scolarisés ici."

En parcourant le quartier, vous remarquez que beaucoup d'activités douteuses se déroulent déjà au petit matin. La présence de policiers et d'une caméra est plutôt perçue comme un dérangement. Certains mots et certains gestes ne nécessitent pas d'explication. Si vous parlez avec les policiers en service à la Gare de Luxembourg, vous remarquez qu'ils sont frustrés dans une certaine mesure. Ils ne seraient pas en nombre suffisant et n'auraient pas les moyens légaux nécessaires pour maîtriser la situation. C'est pourquoi le SNPGL, le Syndicat national de la police grand-ducale, prône une politique autoritaire.

Pascal Ricquier, président du SNPGL:

"Nous pensons qu'une possibilité serait d'intervenir vraiment énergiquement pendant quelques mois. Il faut créer au sein de la police un groupe qui s'occupe uniquement de cela. Là, chacun doit évidemment jouer le jeu, le parquet aussi, car sinon nous ne maîtriserons plus cela. Je pense que si le Luxembourg continue à l'ignorer, nous n'arriverons plus à maîtriser cela."

Le responsable du syndicat de la police est toutefois aussi conscient que tous les phénomènes dans le quartier ne doivent pas être mis dans le même panier et qu'intervenir uniquement avec des mesures répressives ne suffira pas. Un peu plus tard, une fois le soleil levé, le quartier se remplit de gens qui commencent leur journée et n'ont pas grand-chose à voir avec la réalité de la vie de sa population nocturne.

Le reportage de RTL en luxembourgeois:

Garer Quartier: Wéi gesäit d'Situatioun am Alldag aus?
Membere vun der Policegewerkschaft an ee Vertrieder vun der Elterevereenegung ware sech kierzlech ee Bild maachen.

LES PARTIS D'OPPOSITION AU CONSEIL COMMUNAL REAGISSENT A LA SITUATION

La même équipe de RTL a demandé aux représentants de l'opposition communale comment ils évaluent la situation. On remarque que les ébauches de solutions des Verts, du LSAP, de la Gauche et de l'ADR sont assez divergentes.

Les représentants des partis de l'opposition au conseil communal sont bien d'accord que dans le secteur autour de la rue de Strasbourg, la rue du Fort Wedell et la rue du Commerce, il y a un problème avec la criminalité liée à la drogue. Il serait cependant illusoire de penser que la police pourrait maîtriser seule la situation. A côté de la répression, il faudrait aussi miser sur la prévention et des mesures sociales. Les Verts plaident pour des structures décentralisées et critiquent la façon de procéder de la mairie et d'une partie des autorités nationales.

François Benoy, conseiller communal déi Gréng:

"Nous devons sortir les gens de la rue, nous avons donc besoin de possibilités de "Housing First", d'une offre à bas seuil pour sortir les gens de la rue, les amener dans des structures de logements et venir les chercher où ils sont. La Ville de Luxembourg pourrait faire en sorte que nous recevions davantage de ces projets. J'en attends aussi davantage de la ministre de la Famille."

Les socialistes de la capitale parlent également d'une approche globale. Il faudrait à nouveau amener plus de vie dans le quartier de la Gare. Mais la gentrification ne serait certainement pas une solution.

Gabriel Boisante, conseiller communal LSAP:

"Le problème dans la gentrification est que les gens qui habitent là, ont aussi une justification. On parle de cafés, de commerces, mais on parle également d'hôpital et de services. Ceux qui travaillent dans ces secteurs, doivent aussi habiter dans les alentours. Si nous travaillons uniquement avec la gentrification, où habiteront alors les salariés non-qualifiés? Iront-ils plus loin, dans une autre commune?"

La gauche appelle à repenser la politique en matière de drogue, au cours des 100 dernières années, la répression n'aurait pas mené au succès.

Ana Correia da Vega, conseillère communale déi Lénk:

"Nous plaidons pour une libéralisation et une dépénalisation des drogues, que l'Etat assume cette responsabilité. Il doit y avoir d'autres mécanismes, quant à la manière et au lieu où on consomme de la drogue. L'État doit assumer cette responsabilité et ne pas la laisser au marché noir."

L'ADR plaide également pour la prévention, mais qui comprendrait aussi une plus forte présence policière sur le terrain. Les fonctionnaires de police devraient être déployés là où ils sont nécessaires.

Roy Reding, conseiller communal ADR:

"Au lieu d'aller contrôler à 7h00 du matin avec trois fonctionnaires le Registre du bénéficiaire économique de l'une ou l'autre ONG, il serait peut-être mieux de montrer la présence des policiers là où c'est nécessaire. Par conséquent, en tant qu'ADR, nous saluons expressément le fait que la commune ait inclus des sociétés de sécurité privées. Bien que ce soit en fait désolant."

Il s'agit d'une problématique pour laquelle aucun des partis ne peut offrir de panacée. C'est aussi pourquoi il pourrait y avoir des discussions plus sensibles lors de la campagne électorale de l'année prochaine. Il y a aussi la question de savoir combien d'étrangers parmi les 80 % qui habitent dans le quartier de la Gare, se seront inscrits sur les listes électorales.

Le reportage de RTL en luxembourgeois:

Wéi schätzt d'Oppositioun d'Lag am Garer Quartier an?
Et fält op, datt d'Léisungsusätz vun déi gréng, LSAP, déi Lénk an ADR deels nawell wäit ausernee ginn.

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