
Un point fait toutefois l'unanimité: au cours des derniers mois, beaucoup d'argent a été investi dans des mesures sociales en raison de la crise.
Pas grand-chose de neuf n'aurait été présenté ces deux derniers jours. La plupart des mesures sociales seraient connues depuis la tripartite, selon les syndicats. La présidente de l'OGBL, Nora Back, regrette surtout l'absence des mots "inégalités" et "pauvreté":
Pour Nora Back, "C'est regrettable de voir dans quelle situation nous nous trouvons actuellement. Nous sommes l'un des pays les plus riches du monde et malgré tout, nous avons de plus en plus d'inégalités. Il est regrettable que cela ne soit pas du tout mentionné dans le discours sur l'état de la nation. Nous serions heureux si l'accent était davantage mis sur les mesures sociales. [...]".
Pour la présidente du plus grand syndicat du pays, "malheureusement, cela ne va certainement pas assez loin sur tous les points. Avec le bail à loyer, les prix des loyers peuvent encore rester beaucoup trop élevés. Nous n'avons pas de véritable encadrement des loyers. Nous avions fait des propositions sur le plafonnement des loyers et leur ajustement au coût de la vie. Que l'on accorde une faveur aux locataires. Pareil pour l'impôt foncier, nous avions demandé une progressivité, que celui qui a vraiment beaucoup, doive payer plus, mais ça ne se produit pas non plus."Il en va de même avec d'autres mesures qui atteignent plus profondément la classe moyenne. Un ajustement du barème fiscal, malgré le "non" de la ministre des Finances fait toujours l'objet de débats assidus. Ainsi l'OGBL et la CGFP ont récemment débattu avec le LSAP, respectivement le CSV. Le LCGB est dans le même bateau.
"Les mesures fiscales qui viennent d'être annoncées, comme le crédit d'impôt pour les parents isolés et les bénéficiaires du salaire minimum, sont bonnes et vont dans la bonne direction. Cependant, nous attendions une réforme fiscale qui toucherait plus largement la masse des gens. Nous avions demandé d'ajuster le barème fiscal à l'inflation, respectivement une réforme qui ne repose pas seulement sur deux points. Là nous ne sommes évidemment pas satisfaits", explique le président du LCGB, Patrick Dury.
Pour la CGFP, la mesure en faveur de la classe d'imposition 1A serait juste une goutte d'eau dans l'océan. Le débat sur la justice fiscale doit être poursuivi en 2023, affirme le président de la CGFP, Romain Wolff.
"Personne ne peut dire à personne ce qui va se passer dans les deux-trois prochains mois. Je considère cependant que l'année prochaine, nous devrons continuer à travailler dans cette direction."
Il reste à prouver que les mesures envisagées dans le domaine du logement, comme la réforme de l'impôt foncier, auront réellement un effet positif sur le marché. En revanche le président de la Confédération générale de la fonction publique se montre optimiste sur l'annonce du Premier ministre que l'Etat souhaite aller de l'avant avec la numérisation.
"Lorsque la pandémie a éclaté, on s'est aperçu que, du jour au lendemain, on est passé au télétravail. Et quand on parle de télétravail, l'autre volet, la numérisation, doit aussi fonctionner. Je pense que là du bon travail a été fourni. On s'est adapté très rapidement et cela a bien fonctionné."
Les trois organisations syndicales estiment que la tripartite de septembre, n'était pas la dernière occasion de se réunir, avant les prochaines élections, pour le gouvernement et les partenaires sociaux.
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