
"2,35 médecins pour 1.000 habitants, c'est très peu en comparaison internationale", a constaté le Docteur Alain Schmit jeudi matin sur RTL. De plus, il y a "une structure d'âge âgée parmi les médecins" et il n'y en a pas assez pour les nombreux postes dans les hôpitaux. Les jeunes médecins sont également mécontents. Le président de l'AMMD a une nouvelle fois fermement critiqué la politique nationale de santé jeudi sur RTL, au lendemain de l'assemblée générale extraordinaire de l'association.
"A la table ronde de la santé", les intervenants n'ont "pas réussi à parler d'une prise en charge médicale intelligente en réseau." Les idées de l'AMMD n'ont pas été prises en considération. "Au cours des 10 à 20 dernières années, on a échoué à se concentrer sur les soins primaires, c'est-à-dire sur le médecin généraliste et le dentiste." Par conséquent, "les besoins en médecine hospitalière ont augmenté et donc aussi le volume de travail." De plus, dans les hôpitaux, les médecins ne pourraient pas développer et proposer de nouvelles offres. C'est pourquoi "il faudrait maintenant renforcer la médecine primaire et scinder la médecine secondaire en deux piliers." L'un étant la médecine que les spécialistes pourraient gérer eux-mêmes et l'autre pilier étant la médecine hospitalière pour les personnes gravement malades, "le tout devrait être mis en réseau."
Il n'y a pas d'accord sur les gardes et les astreintes entre l'AMMD et le ministère de la Santé. Pour une astreinte, le ministère de la Santé propose environ 22 euros l'heure pendant la semaine et 40 euros le week-end. Les docteurs veulent 40 euros l'heure, tant le week-end que la semaine. En cas d'astreinte, le médecin doit être "joignable", mais il ne doit pas être sur place, a précisé le Docteur Alain Schmit.
Sur ce point, le ministère de la Santé a contredit l'AMMD jeudi matin par voie de communiqué. Sa dernière proposition pour l'astreinte serait effectivement de 40 euros l'heure, aussi bien pendant le week-end que pendant la semaine. Les gardes, pour lesquelles la présence sur place du médecin est requise, seraient rémunérées 96 euros l'heure. Ces indemnisations étant complémentaires aux tarifs des médecins pour une consultation, précise le ministère.
L'AMMD veut maintenant aller à la rencontre des patients et leur expliquer les problèmes. Si on ne peut pas parler avec les responsables politiques, il faut le faire avec les patients. A propos d'une grève éventuelle, le Docteur Alain Schmit indique qu'"il y a déjà de facto une grève latente, sans le vouloir, parce que nous ne sommes pas assez nombreux."
Le président de la Fédération des hôpitaux luxembourgeois (FHL), le Docteur Philippe Turk, avait reproché à l'AMMD de polémiquer. Le président de l'association réplique qu'il y a une différence entre polémique et critique. La FHL ne serait pas disposée à reconnaître vraiment le problème et à en discuter ensemble. La fédération serait aussi "à la traîne de la politique" et "il ne faut donc pas attendre d'elle une critique frontale de la politique de santé", car les directions des hôpitaux sont dépendantes des responsables politiques.