
Laurent Zeimet s’est dit fier de ce que le ministre des Finances Gilles Roth a réalisé. Selon lui, le pouvoir d’achat sera renforcé et les nouvelles formes de famille seront prises en compte, sans pour autant reléguer le modèle familial classique au second plan.
"Cette réforme fiscale s’accompagne de mesures en faveur des familles, avec une hausse des allocations familiales et une augmentation des aides à la garde d’enfants. Je pense donc que les familles n’ont pas été oubliées dans cette réforme. Il est vrai qu’en matière fiscale, le fait d’être marié ou pacsé ne joue désormais plus de rôle. Si vous me demandez mon avis personnel, en tant que conservateur, je peux accepter que cette évolution soit reconnue sur le plan fiscal. Mais je constate que le consensus général au sein de la société est différent, que l’individualisation de l’impôt est réclamée depuis des années et qu’elle deviendra désormais une réalité. Je peux donc également l’accepter."
Selon Laurent Zeimet, la réforme fiscale pourrait encore être votée avant les vacances de la Toussaint.
Dans le projet de budget 2027, les dépenses de personnel vont encore augmenter. Le prochain accord salarial n’a pas encore été budgétisé. Les négociations entre le gouvernement et la CGFP sont sur le point de débuter. Comme certains ajustements budgétaires seront peut-être nécessaires, l’accord salarial a également été abordé lors de la journée parlementaire du CSV.
Lors du briefing de rentrée, le président du groupe parlementaire CSV a insisté sur la nécessité de tenir compte de la situation globale actuelle :
"En tant que groupe parlementaire, il est important pour nous, et c’est aussi le message que nous avons fait passer, que tout accord soit conclu en tenant compte de l’ensemble du contexte économique. Il faut bien entendu également veiller à maintenir un équilibre entre les secteurs privé et public, afin de ne pas creuser davantage encore l’écart entre les deux. Nous ne pouvons pas non plus continuer à recruter du personnel dans la fonction publique à ce rythme. Je pense que nous en sommes tous conscients. Je pars du principe que le syndicat de la fonction publique, qui est lui aussi un syndicat raisonnable, prendra en considération la situation dans son ensemble et formulera ses revendications, s’il décide d’en présenter, en tenant compte de cette situation."
Le groupe parlementaire CSV indique également qu’il ne souhaite pas être informé de l’accord seulement une fois celui-ci signé.
La situation politique en Europe a également été abordée, alors que les forces modérées traversent une période mouvementée. Le CSV est inquiet lui aussi. Dans les pays voisins, les élections et les sondages mettent le centre politique à rude épreuve. C’est une période où les partis traditionnels doivent s’interroger sur eux-mêmes, y compris au Luxembourg. Selon Laurent Zeimet, les succès de formations de droite radicale comme le Rassemblement national en France et l’AfD en Allemagne donnent matière à réflexion.
"S'il y a encore un an, quelqu’un avait affirmé que la CDU pourrait ne pas entrer dans un parlement régional, on aurait probablement considéré cela comme totalement absurde."
Mais Laurent Zeimet se montre également sceptique à l’égard des forces situées à l’extrême gauche : "Les résultats électoraux à Berlin ne m’enthousiasment pas non plus."
"Quand on défend des positions modérées, cela peut parfois paraître un peu ennuyeux. Nous en sommes totalement conscients. Mais cela ne doit pas nous conduire à verser dans une forme quelconque de populisme, simplement pour obtenir beaucoup de 'likes' et de partages, en avançant des choses auxquelles nous ne croyons pas nous-mêmes. Je pense qu’on ne fera jamais prendre cette voie au CSV. Je l’espère."
Le CSV doit apporter ses propres réponses et parvenir à faire passer ses messages, même si cet exercice n’est peut-être pas toujours facile pour le parti.
Les réseaux sociaux servent souvent de caisse de résonance aux messages populistes. C’est également le cas au Luxembourg, estime Laurent Zeimet. Selon lui, il faut se saisir des sujets qui y sont abordés, sans pour autant se laisser dicter sa ligne de conduite.
"Au CSV, nous n’avons pas adopté de 'principe du cordon sanitaire' à l’égard de l’un ou l’autre parti. C’est la première chose. Ensuite, nous observons évidemment aussi ce qui se passe actuellement sur les réseaux sociaux, notamment autour de Clara von Nathusius, et la manière dont les autres partis procèdent. On constate notamment que l’ADR y est très actif et parvient à y faire passer ses messages. Et d’après ce que j’entends, également dans les lycées, beaucoup de jeunes y réagissent positivement."
Le CSV continuera toutefois à garder ses distances avec l’ADR. Sur les questions de politique étrangère notamment, "un océan sépare les deux partis", selon Laurent Zeimet.