
Le ministre de l'Agriculture, Claude Haagen, a dressé un premier bilan de la récolte 2022 ce mercredi. Les acteurs du secteur se sont montrés généralement satisfaits de la récolte de céréales, même si elle a été moindre que l'année dernière.
En dépit de disparités régionales, "la récolte céréalière a atteint un niveau élevé à l'échelle nationale", est-il souligné dans le communiqué du ministère de l'Agriculture, qui note également "le moment historiquement précoce de la récolte, les premières orges d'hiver ayant été réceptionnées sur les points de collecte dès la mi-juin."
C'est plutôt une bonne récolte, surtout parce que la qualité est particulièrement bonne. Les nombreuses précipitations de l'année dernière avaient fortement endommagé la récolte 2021.
Le ministère de l'Agriculture précise que cette année, la rentabilité des cultures "dépend du moment de l'achat des engrais et de la date de la vente des céréales." En effet, après la récolte 2021, les prix ont augmenté de manière continue jusqu'en février à cause de "marchés peu approvisionnés qui rencontraient une forte demande."
Ensuite, "après le début de la guerre d'Ukraine, les prix des céréales et du colza ont littéralement explosé en raison des grandes inquiétudes concernant l'approvisionnement alimentaire mondial." Les revenus ont augmenté, mais les coûts de l'énergie et des engrais également et dans une mesure extrêmement plus élevée.
Actuellement les agriculteurs seraient très préoccupés par les coûts de production élevés dus à la hausse des prix de l'énergie et du transport. Sur ce plan, il faudrait surtout veiller à ce que le Luxembourg reste compétitif par rapport aux pays voisins, selon le directeur des Moulins de Kleinbettingen, Jean Muller.
Le ministre de l'Agriculture s'inquiète des rendements du maïs et des prés. A partir de la mi-juin, le manque de précipitations a fait que l'herbe a pratiquement cessé de pousser dans les prairies à l'échelle du pays. "Sur les parcelles test ASTA, les pertes de rendement dans la prairie sur trois coupes sont actuellement de l'ordre de 30%, régionalement les pertes de rendement peuvent être encore plus importantes", selon le communiqué du ministère. Une dernière coupe pourra peut-être être effectuée à l'automne, mais quoi qu'il en soit, le rendement restera très inférieur à celui de 2021.
Quant au maïs, dans de nombreuses parcelles, il n'a pas bien supporté la sécheresse et a été récolté avec des pertes importantes de rendement et de qualité. Sa récolte avait d'ailleurs commencé très tôt en raison des nombreuses heures d'ensoleillement.
Enfin, le rendement des pommes de terre est également très faible, "le manque de pluie pendant les mois d'été ayant ralenti la croissance des tubercules."