C'est du "Bla Bla Bla"L'opposition déplore le manque de mesures concrètes de la part de Bettel

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Le discours du Premier ministre sur l'état de la nation manquait de déclarations claires juge l'opposition. Si de nombreux points ont été abordés, beaucoup n'étaient pas nouveaux, regrette Martine Hansen, coprésident du CSV au parlement.
© Lynn Cruchten / RTL

Mardi après-midi, le Premier ministre, Xavier Bettel, a prononcé le dernier discours sur l'état de la nation de cette législature. Les réactions n'ont pas tardé, à commencer par celle du premier parti d'opposition.

"C'était premièrement un rapport d'activité, qui a duré près de deux heures, avec beaucoup de félicitations. Deuxièmement c'était avant tout un rappel des annonces déjà faites, mais pas encore mises en application. Et troisièmement, les impôts, la problématique de ce gouvernement. Et là - je répète les mots de Monsieur Kersch - ce gouvernement est "à côté de la plaque", car les gens restent sur le carreau. Les gens ont besoin maintenant d'un allègement fiscal, mais il ne se passe absolument rien", estime Martine Hansen, coprésidente du groupe parlementaire CSV.

-> Les sept annonces à retenir du discours de Xavier Bettel

Pour le parti déi Lénk aussi, il se passe trop peu de choses. Pour la députée Myriam Cecchetti, les annonces du discours ne vont pas assez loin: "Je dois dire honnêtement que si j'étais Greta Thunberg, je dirais maintenant 'Bla Bla Bla'. Il y a des incendies, les lacs et les rivières s'assèchent, nous avons des inondations, tout un beau discours, mais que se passe-t-il, quelles mesures prenons-nous?"
© La députée Myriam Cecchetti

Et la députée déi Lénk poursuit: "Je n'ai entendu aucune mesure concrète. Nous demandons des mesures concrètes depuis des années. C'est vrai que le changement climatique n'a pas besoin de politique, mais nous avons besoin de politique pour mettre en œuvre des mesures et vous ne trouverez pas cela dans toute l'histoire de la responsabilité. C'est une très belle rhétorique, mais sans rien de plus. Donc, comme je l'ai dit, en bref: 'Bla Bla Bla'."

LA MAJORITÉ SE DIT SATISFAITE

Pour déi Gréng par contre, les attentes ont été comblées. Surtout parce qu'un certain nombre d'investissements ont été annoncés pour faire avancer la transition énergétique, selon la présidente du groupe parlementaire vert, Josée Lorsché:

"J'ai dit hier lors de notre conférence de presse que nous attendons une politique qui ne soit pas basée sur l'austérité, mais qui repose sur des investissements. Ces investissements sont convenus, notamment dans le domaine de la protection de l'environnement et du climat, mais aussi dans le domaine du logement, deux secteurs où nous sommes confrontés à des crises. Il a aussi été beaucoup question de la santé, de nouvelles infrastructures qui vont être créées pour améliorer les soins. Un certain nombre de pistes ont été tracées qui sont extrêmement importantes en cette période de crise et à partir de là je peux dire que nos attentes ont déjà été comblées."

Le député de l'opposition Sven Clement a également entendu quelques points intéressants, en particulier en ce qui concerne les projets de rénovation énergétique. Ce que les Piraten réclamaient depuis longtemps à la Chambre. Pour le reste, la réaction du Parti pirate au discours sur l'état de la nation se révèle modeste:

"D'une part, le premier ministre a beaucoup parlé de ce qu'il veut faire mieux, d'autre part, il faut se demander pourquoi il a eu besoin de neuf ans pour ce constat. Nous parlons vraiment ici de rafistolage, de choses qui auraient pu être abordées au cours des neuf dernières années et qui sont à nouveau ressorties du tiroir. On a presque l'impression qu'il y aura des élections l'année prochaine et que le gouvernement voudrait faire un bilan un peu plus beau qu'il ne l'est en réalité".

"UN SAVON PASSÉ AUX SOCIALISTES"

L'ADR est aussi d'avis qu'il n'y a pas eu véritablement de nouvelles annonces dans le discours du Premier ministre. Fernand Kartheiser:

"Deux heures de discours, [une durée] inversement proportionnelle au contenu, je dois dire. Il y avait très peu de neuf dedans. C'est un gouvernement qui maintenant gère davantage qu'il ne gouverne. Je crois que nous voyons très clairement que les élections approchent. Certains passages étaient très intéressants, notamment là où les socialistes étaient remis à leur place, par exemple l'extrait sur la politique de la dette, où la limite des 30% est maintenue. C'était bien sûr un savon passé au parti socialiste. D'un autre côté, un certain nombre de choses totalement irréalistes ont également été dites. La première étant évidemment que nous, les Luxembourgeois, allions maintenant résoudre la crise climatique avec ces contributions. C'est totalement irréaliste."

Fernand Kartheiser critique également le fait que l'on décourage l'investissement dans l'immobilier. Ce serait la mauvaise voie pour résoudre le problème du logement.

Le président du groupe parlementaire LSAP trouve en revanche que le discours du Premier ministre, Xavier Bettel, a aussi montré tout ce que la coalition actuelle a mené à bien. Par conséquent, un récapitulatif de la situation actuelle était nécessaire, selon Yves Cruchten:

"Il est important que les gens sachent que nous nous soucions de leur bien-être. Que ce soit en matière de santé, d'économie, de logement ou encore de politique climatique, ce sont autant de choses qui font peur en ces temps de crise que nous traversons. Et là, les gens ont besoin de sécurité et de confiance et je pense que nous avons pu leur en donner aujourd'hui en tant que gouvernement."

Le Premier ministre a été très concret, surtout en matière de transition énergétique, d'après le président du groupe parlementaire socialiste, Yves Cruchten.

C'est important pour la prévisibilité et la stabilité, pense aussi Gilles Baum. Le discours du Premier ministre indiquerait que cette coalition a encore envie de continuer, selon le président du groupe parlementaire DP.

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