Depuis des annéesL'ogre chinois a faim de bois luxembourgeois

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Le bois luxembourgeois trouve peu de débouchés dans la région, donc la Chine l'achète massivement. Une nouvelle loi sur les forêts pourrait changer cette exportation massive vers l'Asie.
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Les Chinois sont principalement intéressés par du bois de qualité comme le hêtre ou le chêne. Ce phénomène est de plus en plus visible même si le Luxembourg envoie déjà de grosses quantités à l'étranger depuis 10 à 20 ans. La demande au Luxembourg est très faible pour ce type de bois, c'est pour cette raison que d'autres options sont prises en compte.

"Et comme nous sommes sur un marché libre, c'est celui qui paie le plus qui remporte le deal", explique Winfried Von Loe de l'association Privatbësch: "une forêt privée implique une économie privée, ce qui veut également dire que la forêt doit être entretenue et soignée, ce qui coûte de l'argent. Son propriétaire souhaite donc vendre son bois à celui qui offrira le plus, c'est logique".

Il explique également que du pin de mauvaise qualité a également été exporté vers le marché asiatique et qu'il s'agissait de bois dont personne ne voulait au Luxembourg et qu'on était content d'évacuer: "lors des sécheresses en 2019 et 2020, une grande partie des épicéas secs, dont personne ne voulait ici, est partie en Chine. Une solution intéressante pour les propriétaires de forêts et producteurs de bois en Allemagne, en Belgique et au Luxembourg à l'époque et même encore de nos jours", souligne Winfried Von Loe.

LA CHINE ACHÈTE EN GROS VIA DES INTERMÉDIAIRES

Le directeur de l'Administration de la nature précise également que tout le monde peut participer et miser lors de soumissions pour du bois issu de forêts publiques: "nous n'avons aucune influence sur la destination finale de ce bois, tout est géré par des intermédiaires", selon Fränk Wolter. Ces productions sont généralement vendues par des commerçants belges via Anvers vers la Chine. On reconnaît ce bois car il est chargé dans des conteneurs, "nous ne disposons pas d'informations supplémentaires", explique le directeur de l'Administration.

Des chiffres ou statistiques précis ne sont donc pas disponibles car les commerçants européens vendent leur bois là où ils veulent. Chez nos voisins, on estime à plus de la moitié du bois brut exporté en Extrême-Orient.

"Peut-être que la nouvelle loi sur les forêts, qui est en cours de réalisation, pourra changer le fait qu'autant de bois luxembourgeois atterrisse en Asie", précise Fränk Wolter.

Vu la demande limitée au Luxembourg pour le chêne et l'hêtre, les sociétés luxembourgeoises qui travaillent le bois ne sont donc pas vraiment impactées par ces achats chinois en gros. Les deux scieries luxembourgeoises en activité travaillent principalement du bois tendre.

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