
Pour la présidente de la Fedil, "l'industrie est d'accord avec les mesures de la tripartite, mais les acteurs ne sont pas satisfaits". Selon elle, "le patronat signera cet accord car il se soucie fortement de la paix sociale, mais je regrette que le système de l'index soit à nouveau complètement opérationnel. Lors de la dernière tripartite en mars, l'économie avait obtenu un peu de prévisibilité grâce à la limitation d'une tranche indiciaire par an. Ce n'est désormais plus le cas et cela va nuire à la place financière", déplore Michèle Detaille.
Elle nuance cependant en affirmant que les freins sur les prix de l'énergie devraient freiner l'inflation et donc déclencher moins de tranches indiciaires, "mais il est encore possible que 3 tranches indiciaires tombent l'année prochaine. Ces plafonds sur les prix coûtent énormément d'argent à l'État qui devra s'endetter. Or le triple A est un avantage important pour le Luxembourg, et nous devons le maintenir à n'importe quel prix", insiste la présidente de la Fedil au micro de RTL.
Michèle Detaille a également déploré le fait que Nora Back, présidente de l'OGBL, "ne vivait pas dans la réalité car elle protège les salariés aux revenus plutôt élevés, sans oublier que les syndicats oublient le besoin de recettes dans l'économie: avant de pouvoir dépenser de l'argent, il faut d'abord le gagner", explique la représentante de l'industrie luxembourgeoise.
En ce qui concerne les aides aux entreprises, Michèle Detaille espère que l'UE va permettre au gouvernement d'agir dans ce sens. "Même si les entreprises devraient pouvoir être rentables sans assistance, on ne peut plus se passer de ces aides financières au vu des prix exorbitants de l'énergie". Elle reste cependant optimiste quant à l'aptitude des citoyens et des entreprises à faire preuve de solidarité et de responsabilité face aux éventuelles pénuries de gaz ou d'électricité: "même plafonnée ou freinée, l'énergie coûte déjà énormément à toute la société".