Plus de gibier dans l’OeslingL’incendie des Hautes Fagnes et les loups en cause ?

Annick Goerens
adapté pour RTL Infos
L'incendie dans les Hautes Fagnes et la présence de loups en Belgique pourraient expliquer la surpopulation actuelle de gibier dans l'Oesling, selon Marc Reiter, vice-président de la Fédération Saint-Hubert des chasseurs du Grand-Duché de Luxembourg, qui était l'invité de la rédaction de RTL mardi matin.
© RTL (Archiv)

La saison des battues au cerf, au chevreuil et au sanglier approche. Du 17 octobre au 31 janvier, des chasses seront à nouveau organisées dans de nombreuses forêts du Luxembourg. Pour Marc Reiter, vice-président de la Fédération Saint-Hubert des chasseurs du Grand-Duché de Luxembourg, ces battues et chasses de mouvement controversées, sont nécessaires pour réguler les populations de gibier et atteindre les quotas de tir prescrits. En même temps, elles ne perturbent la nature que pendant une courte période, selon lui.

Avec les formes de chasse traditionnelles, la chasse est plus sélective et seul un nombre relativement limité d’animaux peuvent être abattus.

Marc Reiter, vice-président de la Fédération Saint-Hubert des chasseurs du Grand-Duché de Luxembourg

Marc Reiter, vice-président de la Fédération Saint-Hubert des chasseurs du Grand-Duché de Luxembourg
© Annick Goerens

Appel aux automobilistes et aux promeneurs

La sécurité aux abords des battues reste un sujet important. Les chasseurs sont tenus de signaler les chasses. Une campagne nationale de sensibilisation doit à nouveau être lancée à la mi-octobre. Les chasseurs se réjouissent de pouvoir compter sur le soutien du gouvernement :

"Nous disposons désormais d’une autorisation de voirie générale pour l’ensemble du pays, de sorte que nos membres ne doivent plus demander individuellement l’autorisation d’installer des panneaux. En principe, ceux-ci peuvent être placés partout dans le pays [...] sans qu’une demande distincte doive être introduite pour chaque emplacement."

Ce n’est pas parce que les chasseurs sont des "fétichistes des panneaux", mais c'est "pour protéger nos membres, pour protéger nos chiens, mais aussi pour protéger les gens eux-mêmes, car lorsque le gibier part, c'est un danger." Marc Reiter appelle donc tout particulièrement les automobilistes à ralentir sur les tronçons concernés. Pendant une chasse, du gibier peut surgir sur la route, et une vitesse réduite permet de disposer de davantage de temps pour réagir.

Les promeneurs et les cyclistes doivent eux aussi respecter la signalisation et, en cas de doute, choisir une autre forêt. Les battues sont également annoncées sur Géoportail.

Davantage de gibier dans l’Oesling : peut-être à cause de l’incendie dans les Hautes Fagnes

C’est surtout dans l’Oesling qu’une forte pression due au gibier se fait actuellement sentir. "C’est aussi ce que me rapportent nos membres dans le nord, qu'il y a effectivement davantage de gibier en ce moment. Mais il peut également s’agir d’une impression." Il n’y pas d’analyse approfondie à ce sujet, mais cela pourrait tout à fait être lié au grand incendie qui a touché les Hautes Fagnes cet été, explique Marc Reiter.

Par ailleurs, deux meutes de loups seraient désormais présentes dans la région belge voisine, exerçant elles aussi une certaine pression sur le gibier.

Lorsque des animaux sont chassés de leur habitat par des incendies ou d’autres facteurs, une bonne partie d’entre eux retournent toutefois dans leur territoire d’origine dès que la nature s’y est régénérée. Cela dépend également de l’espèce de gibier. Quoi qu’il en soit, les chasseurs luxembourgeois doivent remplir leur mission, à savoir "veiller à réguler les populations de gibier afin de permettre également le développement d’une forêt viable pour l’avenir."

Le loup n’est pas un adversaire pour les chasseurs

Marc Reiter ne voit pas d’un mauvais œil une réinstallation durable du loup au Luxembourg. "Je pense que nous avons été parmi les premiers à participer au plan de gestion du loup et nous continuons d’ailleurs à y contribuer." Le loup est un prédateur qui a sa place dans la nature. "Bien sûr, cela pose des problèmes. Notre agriculture rencontrera certains problèmes. Les personnes qui possèdent des chevaux auront également des problèmes. Mais il faut alors essayer de réagir à cela."

L’essentiel est toutefois de communiquer de manière transparente sur sa présence et sur les éventuels problèmes qui en découlent, tout en associant les personnes concernées.

Pour les chasseurs eux-mêmes, le loup pourrait poser problème, notamment lors des chasses en mouvement, car il pourrait considérer les chiens de chasse comme des concurrents. Il serait toutefois possible de s’appuyer sur des expériences acquises à l’étranger.

La sécheresse estivale a stressé le gibier

L’été sec et chaud pourrait avoir soumis le gibier à un stress supplémentaire, explique Marc Reiter. On constate que les jeunes animaux sont parfois moins développés que les années précédentes. Lorsqu'à cause de la sécheresse, les femelles ont des difficultés à produire suffisamment de lait, cela peut avoir des répercussions directes sur le développement de leurs petits.

"Mais là aussi, il faut dire que le gibier vit dans la nature et qu’il sait s’adapter à cela. Je pense qu’il s’agit tout simplement de processus normaux, qui sont dans la nature, même si l’être humain est en grande partie responsable du changement climatique auquel nous sommes confrontés. Malgré cela, la nature se régule elle-même."

Là où la pression du gibier est plus forte, il faut augmenter les prélèvements

La situation actuelle ne nécessiterait pas automatiquement une modification des quotas de tirs. Ce qui importe, c’est la situation dans chaque territoire de chasse. Là où la pression du gibier est particulièrement forte, il faut intervenir davantage. Dans d’autres zones, les prélèvements habituels peuvent être maintenus.

Pour Marc Reiter, il est clair que la pression du gibier doit avant tout être réduite là où elle nuit au développement de la forêt. Les chasseurs doivent donc adapter leur action à la situation locale. La chasse peut contribuer à cette régulation, mais elle doit pour cela disposer des moyens nécessaires. De nouvelles mesures, discutées dans le cadre de la table ronde sur la forêt et le gibier et qui doivent encore être transposées dans la législation, pourraient offrir davantage de possibilités aux chasseurs à l’avenir.

Le vice-président de la Fédération Saint-Hubert des chasseurs du Grand-Duché de Luxembourg plaide en même temps pour une certaine proportionnalité : "C’est nous qui avons façonné la nature et qui nous y comportons comme nous le faisons. Si les animaux se comportaient comme nous, les humains, alors, bon sang, il faudrait évidemment vivre avec les conséquences. Mais malgré tout, il faut aussi continuer à laisser la nature être la nature et reconnaître que les êtres vivants qui la peuplent ont, eux aussi, le droit de vivre."

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