Violence domestiqueLes hommes sont aussi touchés au Grand-Duché

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Le service "infoMann" de l'asbl "actTogether" nous explique les raisons pour lesquelles les hommes ont plus de mal à parler de leur situation.
© nogestallten Zeen/RTL-Archiv

La violence conjugale est toujours taboue, surtout lorsque la victime est un homme. Or, les hommes aussi peuvent subir n'importe quelle forme de violence, qu'elle soit psychologique, physique, financière ou sexuelle. Jean Wagner d'infoMann, un service pour hommes en situation d'urgence:

"Les hommes sont bien sûr aussi touchés par la violence physique, mais ce qui est plus récurrent, ce qu'on constate dans nos consultations, c'est que la violence psychologique est plus récurrente, comme par exemple des dépréciations telles que "tu n'es pas un homme", "de toute façon personne ne te croira", "je vais te détruire", "tu ne verras pas tes enfants" et ce, de manière assez régulière, ce qui peut avoir d'énormes conséquences sur la vie des hommes. Ça peut aller très loin, au point que la personne peut rencontrer des difficultés à prendre des décisions."

La violence chronique entraîne aussi une perte d'estime de soi pour l'homme et la remise en question de sa relation. Les hommes mettent souvent plus de temps que les femmes à admettre qu'ils se trouvent dans une relation de violence. Ils ont surtout du mal à faire confiance à quelqu'un et se confier, parce qu'ils ont peur de ne pas être crus et entendus en tant qu'homme, et qu'ils n'obtiennent pas d'aide.

"À titre d'exemple, j'avais le cas d'un homme qui jouait au rugby à l'étranger et qui vivait une relation extrêmement violente. La situation a dégénéré au point qu'il a été frappé à la tête avec une bouteille et qu'il a dû se rendre à l'hôpital. Il avait une plaie d'environ 10, 12 centimètres et il a entendu un professionnel déclarer qu'il avait bien dû mériter ce qui lui était arrivé. Et je suis d'avis que personne ne mérite de subir de la violence, peu importe qu'il s'agisse d'un homme ou d'une femme."

Une femme violente peut aussi être expulsée du domicile, mais cela se produit assez rarement. Les officiers ont en effet plus de scrupules à mettre une femme à la rue et d'habitude une victime masculine ne se défend pas.

"Lorsqu'il s'agit d'hommes comme l'exemple que je vous ai donné précédemment, où il s'agissait d'un homme vraiment fort, il aurait donc pu se défendre, mais il n'en a rien fait. S'il franchissait cette ligne, il serait catalogué comme un monstre par la société. C'est clairement une transgression d'une limite. L'homme décide de ne pas devenir violent et il se sent incompris. Lorsqu'il discute avec ses collègues, il va souvent entendre des réponses telles que "ça va aller", "tu vas y arriver", comme si personne ne croyait à ce qu'il vivait vraiment."

Il peut aussi y avoir d'autres raisons qui empêchent un homme de se séparer. Jean Wagner explique:

"Il peut s'agir de différentes raisons. Souvent, un homme ne se sépare pas parce qu'il se trouve dans une situation de codépendance, il a peur de se retrouver seul ou même de ne plus avoir de contact sexuel et de ne trouver personne d'autre. Ce sont des situations assez tristes. La question de l'estime de soi entre en jeu, "qu'est-ce que je vaux", "jusqu'à quel point je vais tenir". Parfois, la situation doit vraiment aller très loin pour qu'un homme dise "allez, maintenant je m'en vais.""

Le plus important est que tout un chacun, femmes ou hommes, soient conscients qu'ils sont toujours responsables de leurs propres actions et de leurs réactions.

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