Tendance "positive" au LuxembourgUn taux de criminalité "quasiment stable" ces 3 dernières années

François Aulner
adapté pour RTL Infos
Au lendemain de la fête patronale de la Police grand-ducale, son directeur, Pascal Peters, était l'invité de la rédaction de RTL mardi matin.
© Police

La criminalité par habitant est restée "pratiquement stable" ces dernières années et la tendance est "positive". Voilà ce qu’a déclaré mardi matin le directeur de la police, Pascal Peters, sur RTL. Selon lui, on ne peut pas affirmer que la situation sécuritaire se dégrade au Luxembourg. Les problèmes de sécurité qui existent trouvent souvent leur origine dans des problèmes sociaux plus profonds. Il ressort également de l’entretien que la police ne peut pas tout résoudre à elle seule, mais que les moyens supplémentaires mis à sa disposition commencent déjà à porter leurs fruits.

À commencer par le renforcement des effectifs. Selon son directeur, la police bénéficie d’un soutien très important de la part du gouvernement actuel, même si l’augmentation des effectifs avait déjà été initiée sous le précédent gouvernement. La tendance est positive dans le domaine des cambriolages, des vols et des vols avec violence. Pour Pascal Peters, cela s’explique par le fait que "nous sommes vraiment présents [sur le terrain], mais aussi grâce aux sections opérationnelles du Service de police judiciaire, qui travaillent en civil et sont très actives."

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Dans certains domaines de la criminalité, le nombre des faits est toutefois en hausse, notamment en ce qui concerne les délits violents. "Cela nous préoccupe et nous devons bien sûr réagir", a souligné Pascal Peters.

La nationalité n’est pas un critère pertinent, l’entente avec la justice est excellente

Pascal Peters a répété mardi matin ce qu’il avait déjà déclaré la veille lors de la fête de la Saint-Michel, à savoir que les problèmes de sécurité trouvent souvent leur origine dans des "problèmes sociaux plus profonds" et qu'"il faut alors voir quel est l’effet que l’on veut ou que l’on peut obtenir en tant que police. Faut-il peut-être mettre en place d’autres moyens ? Faut-il éventuellement procéder à des adaptations législatives pour parvenir à un résultat ? Sinon, je dirais qu’on ne fait que poser un pansement sur une plaie ouverte."

La nationalité des auteurs d’infractions n’est, selon lui, "pas pertinente" pour le travail de la police. L’ADR réclame depuis des années que ces données soient rendues publiques. Pascal Peters a expliqué que la police analyse les phénomènes criminels avant tout sur une base géographique afin d’adapter ses campagnes et ses dispositifs d’intervention. "Si l’on veut établir un lien de causalité entre la criminalité et la nationalité, il faut alors l’analyser de manière approfondie," selon le directeur de la police. D’autres critères, tels que les facteurs socio-économiques, devraient en tout cas également être pris en compte dans une telle analyse.

L’affirmation selon laquelle des délinquants seraient régulièrement arrêtés puis relâchés dès le lendemain est, selon Pascal Peters, "trop schématique". La mission de la police consiste à identifier et à arrêter les auteurs d’infractions, et ce travail est mené en coopération avec la justice.
"L’entente" avec les parquets et les juges d’instruction est d’ailleurs, selon lui, "excellente". Malgré cela, la procédure de comparution accélérée actuellement envisagée constituera, à ses yeux, un net progrès : "Les délais seront tout simplement plus courts entre le constat des faits et un éventuel résultat, ce qui pourrait également avoir un effet préventif plus marqué."

Bodycams, tasers et Platzverweis renforcé

Concernant les nouveaux outils déjà mis à la disposition de la police, Pascal Peters a dressé un bilan positif. En ce qui concerne l’ordre d’éloignement renforcé ("Platzverweis renforcé"), son impact est difficile à mesurer, car il s’agit souvent de simples injonctions verbales. Toutefois, 15 interdictions de séjour ont déjà été prononcées, ce qui simplifie les procédures qui doivent suivre et constitue une réponse efficace aux troubles à l’ordre public.

L’utilisation des bodycams ou caméras-piétons pourrait par ailleurs expliquer la diminution du nombre d’outrages à agents et de rébellions. Quant aux tasers, jusqu’à présent uniquement portés par des équipes spécialisées, ils n’ont été utilisés que deux ou trois fois, mais ont déjà été dégainés à une quinzaine de reprises, ce qui aurait également un effet dissuasif.

Ce que le directeur de la police souhaiterait encore, c’est davantage de locaux pour accueillir le personnel supplémentaire recruté. L’augmentation des effectifs était prévue de longue date, tout comme les projets immobiliers destinés à les loger, mais il faut, selon lui, "énormément de temps" avant qu’un projet ne devienne un bâtiment définitif. En attendant, plusieurs services administratifs de la police ont dû être délocalisés sur différents sites, une situation qu’il juge loin d’être idéale.

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