Cas récents à FrancfortLe risque de contracter le paludisme au Luxembourg est extrêmement faible

Lynn Cruchten
adapté pour RTL Infos
Les infections locales sont extrêmement rares. Mais des cas ont déjà été recensés au Luxembourg par le passé. Quel est le niveau de risque aujourd’hui ? RTL a posé la question à l’Inspection sanitaire.
© DR

De récents cas de paludisme autour de l’aéroport de Francfort ont suscité une certaine inquiétude. Trois personnes sont même décédées des suites de la maladie. Ce qui inquiète surtout, c’est qu’aucune des personnes infectées ne s’était auparavant rendue à l'étranger, dans une région où sévit le paludisme. Il est probable que des moustiques infectés aient été introduits par avion. Des infections locales sont extrêmement rares. Mais des cas de ce type ont déjà été recensés au Luxembourg par le passé. Quel est le niveau de risque aujourd’hui ?

Des moustiques infectés qui voyagent à bord d’un avion et contaminent ensuite des personnes à l’aéroport ou dans ses environs : c’est actuellement l’explication la plus probable des récents cas de paludisme à Francfort. L’enquête est toujours en cours. Ce que l’on appelle le "paludisme d’aéroport" est certes rare, mais il peut également survenir au Luxembourg.

Les explications de la Docteur Anne Vergison, cheffe de division à l’Inspection sanitaire :

"Ce n’est pas impossible que ça survienne au Luxembourg, ce genre d’événement. C’est déjà arrivé par le passé, il y a très longtemps."

© Domingos Oliveira

À la fin des années 1990, cinq cas de paludisme d’aéroport ont été recensés au Grand-Duché. Les personnes concernées ne s’étaient pas infectées à l’étranger, mais au Luxembourg, notamment à Canach.

Le risque d’infection existe particulièrement aux abords d’un aéroport, car des moustiques invasifs peuvent survivre à un vol et transmettre des maladies. Afin de prévenir ce risque, des mesures de prévention sont mises en place à l’aéroport du Findel. Anne Vergison :

"Notamment tous les cargos. On a beaucoup de cargos de fret au Luxembourg. Tous ces cargos sont désinsectisés pour éviter que les moustiques puissent survivre pendant le transport dans ces avions."

Pour le grand public, le risque de contracter le paludisme ici au Luxembourg reste néanmoins extrêmement faible.

"Pour la population générale du Luxembourg, le risque, il est extrêmement faible. Il est presque de zéro. On ne s’inquiète pas."

La maladie elle-même est toutefois loin d’être anodine. Le paludisme peut prendre une forme grave et, dans le pire des cas, être mortel. Les symptômes ne sont par ailleurs pas toujours faciles à identifier.

"Ce sont des symptômes qui sont un peu comme ceux d'une grippe, des maux de tête, de la fièvre élevée, des frissons éventuellement. Quand on est très malade on va quand même aller consulter plutôt un hôpital que son médecin."

Les cas importés sont beaucoup plus fréquents au Luxembourg que les infections locales. Il s’agit de personnes qui contractent le paludisme dans une région où sévit la maladie et qui la ramènent au Luxembourg, explique la Docteur Anne Vergison :

"Ce ne sont pas des cas autochtones, ce sont des cas importés. Et ça, on en a une quarantaine chaque année. Donc ce n’est pas exceptionnel."

Toute personne qui se rend dans une zone à risque doit donc demander conseil suffisamment à l’avance. Selon la destination, une prophylaxie antipaludique peut être nécessaire. Le port de vêtements longs, l’utilisation de moustiquaires et de produits répulsifs contre les insectes peuvent offrir une protection supplémentaire.

"Il faut prendre rendez-vous à la médecine du voyage au CHL et voir avec la travel clinique. Donc, comment est-ce qu’on peut se protéger et toutes les mesures à mettre en place pendant son voyage."

Et toute personne qui, après un tel voyage, présente de la fièvre ou des symptômes grippaux doit impérativement indiquer à son médecin où elle a séjourné exactement. Car lorsqu’il est diagnostiqué à temps, le paludisme peut être traité.

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