
Le Premier ministre a annoncé que le gouvernement souhaitait plafonner les prix de l'énergie après cette première journée de tripartite. À quoi ressemble cette mesure de manière concrète et quels pourraient en être les conséquences néfastes ?
RTL a appris qu'une proposition avait été faite pour un plafonnement à partir d'une augmentation des prix de 40%. Le montant de référence n'est pas encore tout à fait clair, il faudra encore savoir s'il s'agit du prix pratiqué avant le début de la guerre en Ukraine ou du prix actuel. Cette mesure devra dans tous les cas freiner l'inflation et éviter que 5 tranches indiciaires ne tombent en à peine un an.
Le professeur et docteur Nils Löhndorf, économiste à l'Université de Luxembourg, n'est pas totalement convaincu par un tel frein tarifaire:
-> Xavier Bettel: Le gouvernement veut "plafonner les prix de l'énergie"
"D'un point de vue économique, je ne pense pas que ce soit une si bonne idée de fixer le prix de l'énergie. Un plafonnement des prix diminue toujours l'incitation à réduire la consommation d'énergie et serait en ce sens contre-productif".
Les prix de l'énergie devraient augmenter car l'offre diminue. Les sociétés qui produisent de l'énergie à des prix moins élevés pourraient utiliser cette augmentation des prix pour agrandir leurs capacités de production, il en est de même pour les énergies renouvelables. La répartition d'une éventuelle taxe sur les superprofits d'une manière ciblée aux citoyens est une solution envisagée par plusieurs gouvernements, mais est-ce une réelle alternative ? Le docteur Löhndorf reste prudent et propose une autre piste:
"Le diable réside dans les détails. Il faut d'abord déterminer qui fait des bénéfices excessifs et pour cela, il faut regarder de très près les contrats à long terme qui ont été conclus. Ce que l'on pourrait faire, c'est dire que tous les producteurs d'énergie paient un taux d'imposition fondamentalement plus élevé et que ceux qui font des bénéfices excessifs sont prélevés encore plus fortement".
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a récemment proposé de répartir les profits exceptionnels des producteurs d'énergie parmi les citoyens européens. L'UE n'est pas en mesure de proposer d'autres mesures car la taxation et l'imposition est une compétence des États membres, c'est pour cette raison que chaque pays devra décider d'une distribution de chèques énergie et de leur montant.