
Une erreur de diagnostic ou un mauvais traitement, une erreur médicale ou un "aléa thérapeutique", c'est-à-dire une faute qui ne peut être imputée aux actions du médecin: ce sont des exceptions dans le domaine médical, mais ces exceptions peuvent avoir des conséquences graves pour les patients.
Dans ce troisième épisode, il est question d'une jeune femme qui a frôlé la mort lorsqu'elle n'avait que 18 ans.
La jeune femme a préféré rester anonyme en raison de son travail, nous allons donc l'appeler Elsa. Il y a maintenant sept ans, sa mère l'a conduite aux urgences.
"En février 2015, j'ai ressenti une douleur énorme au sein droit, donc au niveau de la cage thoracique et je ne me suis pas trop posé de questions à ce sujet. Mais tout à coup, je ne pouvais plus dormir en étant couchée, pendant une semaine j'étais obligée d'être assise pour pouvoir dormir."
Dès le début, elle ne se sent pas prise au sérieux par le médecin qui l'examine à l'hôpital.
"Il m'a forcé à m'allonger et j'ai failli m'effondrer, parce que je manquais d'air. Il s'est mis à rire et il a dit: "Ohlala, c'est vraiment grave." (...) Puis quand on est revenu de la radio, il a rapidement regardé l'image et il a déclaré "C'est rien de grave ça, c'est juste une inflammation des poumons."
Elsa a été renvoyée chez elle avec des antibiotiques et des antidouleurs, mais elle ne se sentait toujours pas au mieux de sa forme.
"Je ne pouvais plus faire de sport, je n'avais plus d'endurance, je ne pouvais presque plus monter de marches, je manquais d'air tout le temps. Et puis au mois de mai, j'étais tellement désespérée que j'ai dit à ma mère que j'allais me rendre seule chez un pneumologue, parce que je ne pouvais plus tenir."
Le pneumologue a envoyé la jeune femme à l'hôpital pour de plus amples examens. Lorsqu'il a vu les résultats de la scintigraphie, il a dit qu'Elsa devait se rendre chez un interne.
"Il a expliqué que ce que j'avais depuis février était une embolie pulmonaire. Ça m'a choquée, parce que j'avais toujours entendu que lorsque quelqu'un avait une embolie pulmonaire, ce n'était qu'une question d'heures avant qu'il ne meure. J'ai eu de la chance par rapport au fait que seul mon côté droit a été touché et qu'aucune artère principale n'était bouchée."
Ce n'est qu'après qu'Elsa a appris qu'elle était atteinte d'une maladie héréditaire qui la rendait plus sujette aux thromboses et qu'elle n'aurait pas dû prendre de traitement hormonal.
"C'est ce qu'on appelle le Facteur V Leiden, qui fait que le sang coagule plus rapidement. Ça augmente la probabilité de développer une thrombose et avec les hormones, le risque est encore plus élevé. Or, personne ne m'en avait jamais parlé."
Physiquement, Elsa va mieux, mais elle fait beaucoup moins confiance aux médecins et elle a perdu de son insouciance.
"Bien sûr j'ai commencé à devenir hypocondriaque, parce que je n'arrive plus à différencier quelque chose de grave de quelque chose de moins alarmant, étant donné que de février à mai 2015, j'étais persuadée que je n'avais rien de grave."
Elsa est suivie par un psychiatre pour l'aider à surmonter une dépression légère et des troubles de l'anxiété.
Si vous aussi vous pensez être victime d'une erreur médicale, plusieurs options s'offrent à vous. Le Médiateur Santé peut intervenir entre le patient et le professionnel de santé mais fonctionne aussi comme centre d'information. Il pourra trouver les contacts nécessaires comme la commission des plaintes dans les hôpitaux. Une plainte peut également être introduite auprès du Collège médical ou du Conseil Supérieur de Certaines Professions de Santé. Si une médiation n'aboutit pas, on peut toujours porter plainte contre la personne concernée, selon la gravité des faits, au pénal ou au civil.
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