
Ce jeudi matin, le ministre de l'énergie Claude Turmes invitera la presse pour faire le point sur un sujet brûlant: la situation actuelle des marchés de l’énergie et l’accord européen pour réduire de 15 % la consommation de gaz. Différents intervenants présenteront les mesures d’économie secteur par secteur : bâtiments publics, communes, entreprises et ménages. Enfin, le ministre présentera la campagne nationale de réduction de la demande d'énergie.
Bref, une conférence très attendue, car les résidents du Luxembourg ont des raisons de s'inquiéter pour cet hiver qui s'annonce déjà très rude au niveau de leur consommation énergétique.
Est-ce que le Luxembourg risque de manquer de gaz cet hiver? Pour tenter de répondre à cette question, une équipe de RTL a visité avec des employés de Creos l'un des deux endroits à la frontière belgo-luxembourgeoise où le gaz est actuellement acheminé dans le pays. Une troisième ligne d'approvisionnement existe également depuis l'Allemagne mais elle est inutilisée depuis déjà un bout de temps.
Selon Simeon Hagspiel, le commissaire du gouvernement à l'énergie: "la Belgique est bien approvisionnée. Avec un portefeuille de différentes sources d'importation, avec d'un côté une grande partie du gaz qui est acheminée de la Norvège, puis l'Angleterre aussi, et évidemment aussi avec le GNL, le gaz naturel liquéfié qui nous aide à surmonter l'hiver."
En termes d'approvisionnement, les regards ne sont pas seulement rivés sur Zeebruges, mais également sur une autre ville belge: il s'agit de Bruxelles et des décisions politiques prises au niveau de l'UE.
"Nous avons bien réagi au niveau européen, nous avons à présent rempli les installations de stockage de gaz. C'est pourquoi nous nous trouvons désormais dans une meilleure situation qu'il y a encore 5 à 6 mois parce que politiquement on a aussi réalisé une action claire pour remplir ces stocks de gaz. Ce qu'on a également décidé sur le plan politique c'est d'économiser 15% de gaz de manière collective en Europe. La troisième chose que nous avons entreprise, c'est que nous avons une plateforme d'achat européenne pour acheter du gaz provenant d'autres endroits de la planète", a confié le ministre de l'Énergie Claude Turmes.
Les stocks de gaz sont remplis à plus de 80% au sein de l'UE, en Allemagne même à plus de 85%: que cela signifie-t-il concrètement?
"Nous avons en Europe des capacités de stockage qui couvrent 25 à 30% de la consommation lors d'un hiver normal. Ça veut dire que c'est vraiment un montant significatif. Ces espaces de stockage sont actuellement bien remplis, même par rapport à l'hiver passé où nous avons vraiment rencontré un problème. Les stocks n'étaient pas assez remplis, notamment celui de Gazprom", explique Simeon Hagspiel.
Avant la crise, le groupe de coordination pour le gaz se réunissait sur le plan technique tous les deux mois. En ce moment, ces réunions ont lieu de manière hebdomadaire avec comme point central la sécurité d'approvisionnement.
Au Luxembourg, les responsables du Creos gardent à l’œil l'approvisionnement mais aussi la consommation. Le débit est constamment adapté avec l'espoir que la courbe n'oscille pas trop cet hiver.
D'après le ministre, "le prix du gaz est extrêmement élevé parce que la politique de Poutine est consciemment menée pour que les prix du gaz augmentent. Il faut désormais faire des économies, que ce soit au niveau de l'État, des communes, de l'industrie, des entreprises ou des ménages. Chaque degré en moins correspond à 6-7% de consommation d'énergie, ce qui vous permettra de baisser votre facture de gaz. Et si tout le Luxembourg économise 15%, nos firmes de gaz n'auront pas besoin de se fournir sur le marché où le gaz est très cher".
Une chose est déjà sûre, la consommation en gaz va taper fort dans le porte-monnaie cet hiver. Les responsables d'Enovos ont calculé qu'un foyer moyen de quatre personnes devra débourser 2.350 euros de plus par année. S'il n'y a pas assez de gaz d'économisé, il y a un risque que les coûts augmentent encore plus, parce que les fournisseurs devront se procurer du gaz au prix actuel très élevé.