
Lors de son dernier discours sur l'état de la Nation, le Premier ministre reconnaissait que le Luxembourg avait "besoin de mesures climatiques supplémentaires". Il annonçait dans la foulée la création d'un conseil citoyen pour le climat qui devait permettre "d'amener la société à la table des négociations".
Ce jeudi, ce conseil, baptisé "Bureau des citoyens pour le climat" et composé d'une centaine de membres, a présenté ses propositions "après huit mois de délibérations intenses" aux représentants du gouvernement. Parmi eux, un certain Xavier Bettel et une certaine Joëlle Welfring.
Une rencontre qui "s'est bien passée" d'après les intervenants du BCPC qui ont assuré que le Premier ministre les avait "écouté attentivement". S'ils admettent "ne pas avoir inventé l'eau chaude", les représentants de cette consultation citoyenne ont tout de même formulé une cinquantaine de recommandations destinées à faire avancer la lutte contre le réchauffement climatique.
Il a notamment été question d'accélérer la transition vers les énergies renouvelables, d'améliorer la gestion des déchets, de sensibiliser la population, de réduire le gaspillage alimentaire, de préserver les sols, de diminuer la consommation de viande ou encore de mieux gérer notre espace de vie.
Le principe du pollueur-payeur a été évoqué à de nombreuses reprises et certains ont même recommandé une augmentation "significative" de la taxe CO2. La preuve que la crise énergétique n'a pas fait oublier les impératifs liés au changement climatique, du moins au sein de ce conseil citoyen.
Et si une majorité de ces objectifs font déjà partie du programme du gouvernement, le BCPC a profité de l'occasion pour demander au gouvernement luxembourgeois de passer à la vitesse supérieure. "Il faut protéger le climat à tout prix", a notamment déclaré une de ses représentantes.

Certaines idées originales ont aussi été évoquées comme la création d'un nouveau passeport énergétique prenant en compte "l'emprunte carbone réelle de tous les bâtiments" ou encore la mise en place d'un bonus pour les consommateurs qui font réparer leurs appareils électroniques au lieu de les remplacer.
Une interdiction des matériaux non-recyclables dans les écoles et les espaces publics a par ailleurs été préconisée ainsi que la création d'un label écologique sur les produits alimentaires et d'espaces réservés aux produits écoresponsables dans les magasins.
Les idées n'ont pas manqué ce jeudi à l'Hôtel Saint-Augustin. Et si l'on peut tirer une conclusion de cette conférence de presse inédite, c'est que certains résidents sont prêts à faire des efforts dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique.
Cependant, comme l'a tristement prouvé la ronde de questions-réponses qui a suivi, il reste encore des personnes pour penser que ce n'est pas une priorité. On soulignera notamment la question d'un journaliste qui a demandé aux représentants du conseil citoyen s'ils voulaient "qu'on retourne au Moyen-Âge".
De quoi suggérer que le premier combat à mener sera celui de la sensibilisation de la population.