Manifestation au Kirchberg"Le gel des salaires doit cesser !" clament des employés de Luxair

Maurice Fick
Près de 800 salariés de Luxair sont venus crier leur ras-le-bol ce lundi. Ils ont défilé entre le Glacis et la Place de l'Europe pour réclamer du respect de la part de la direction et des salaires (gelés jusque fin 2023) à la hauteur de leurs efforts.
Manifestation des employés de Luxair
800 salariés de Luxair sont venus crier leur ras-le-bol. Ils ont défilé au Kirchberg pour réclamer du respect avant la tripartite aviation.

"L'heure de la reconnaissance a sonné: le gel des salaires doit cesser!", scande Paul de Araujo, secrétaire syndical au LCGB, syndicat majoritaire, à la tribune plantée au pied du ministère de la Mobilité. S'en suit un tonnerre de cornes de brume et d'applaudissements à tout rompre des près de 800 salariés de Luxair sur la place de l'Europe, qui avaient pris d'assaut le Pont rouge depuis le Glacis peu après 8 heures.

Il fallait faire entendre sa voix avant que le gouvernement, la direction de Luxair et les syndicats (LCGB, OGBL, NGL-SNEP) ne se retrouvent à 9 heures à la table de la tripartite... dans un climat tendu. Les trois syndicats accusent la direction d'avoir rompu le dialogue social en faisant la sourde oreille à leurs doléances depuis des mois et ont organisé cette manifestation "pour le respect du personnel de Luxair".

Tous les salariés de la compagnie luxembourgeoise ont le même message que Marc, commandant de bord depuis 30 ans, résume bien: "Luxair utilise les conditions Covid pour contrôler et diminuer la masse salariale. C'était justifié pendant le Covid, mais plus maintenant !"

"Stop au gel des salaires et au travailler plus, pour gagner moins! La situation a changé", lance Michelle Cloos, secrétaire centrale du Syndicat aviation civile à l'OGBL. Lors de la dernière tripartite les partenaires sociaux avaient en effet convenu, en pleine pandémie, de mesures de chômage partiel et d'un gel des salaires jusqu'en octobre 2023, pour maintenir la compagnie à flot.

Les syndicats avaient tiré la sonnette d'alarme et dénoncé un "climat de travail malsain" dès le 13 juillet. La reprise des activités, fin 2019, a créé un "niveau élevé permanent de la charge de travail et un niveau record de fatigue du personnel" de Luxair.

Les salariés, parfois excédés, sont venus crier leur ras-le bol à "une direction qui ne regarde que les chiffres et ne respecte pas les êtres humains", clame Michelle Cloos en résumant bien le fond du problème.

"BEAUCOUP NE VEULENT PLUS RESTER À CAUSE DES CONDITIONS DE TRAVAIL"

Tous les salariés interviewés dans le cortège, parti vers 8h15 du Glacis, ont le même sentiment d'avoir mis les bouchées doubles durant la pandémie pour gérer des volumes inhabituels de marchandises chez Luxair-Cargo et depuis la reprise brutale des vols au printemps pour ceux qui travaillent au sol et sur les vols, mais sans avoir de reconnaissance en retour de la part de la direction.

"Bientôt vingt ans de boîte et c'est du jamais vu !", s'offusque Marco Lopes dont le travail est de véhiculer les équipages de bord, en parlant des conditions de travail. "On n'a jamais arrêté une minute! On a annulé nos congés pendant le Covid!", crie un collègue dans son dos.

"Beaucoup ne veulent plus rester à cause des conditions de travail: sept jours sur sept, tournée par poste à l'américaine, un seul weekend par mois et les jeunes ont le salaire minimum...", glisse un superviseur du cargo-center qui préfère l'anonymat et sait bien que "beaucoup ne sont pas venus ce matin par crainte de perdre leur boulot".

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