Des commerces toujours attractifs ?"Le "Esch-bashing" m'attriste un peu", déplore une commerçante

Lynn Cruchten
Au début des années 90, la rue de l'Alzette à Esch a été transformée en zone piétonne. Le commerce y est-il toujours aussi attractif depuis?

Même si dès lors, il n'a plus été possible aux clients d'aller en voiture jusqu'aux portes des commerces, les boutiques de la métropole du sud ont continué à être très fréquentées. Mais quelle est la situation aujourd'hui? Le commerce y est-il toujours aussi attractif? Qu'en pensent les commerçants locaux?

La rue de l'Alzette reste la plus longue artère commerçante du Luxembourg, mais de nombreux magasins ont disparu au fil du temps ou ont été remplacés. Certaines boutiques ont néanmoins réussi à se maintenir durant des décennies. C'est le cas de la bijouterie Hirsch-Glesener, implantée à Esch depuis 1911. C'est la quatrième génération qui gère aujourd'hui le commerce. Nicolas Kremer, gérant de la bijouterie et président de l'Association des commerçants, artisans et industriels de la ville d'Esch-sur-Alzette, se souvient:

"Autrefois il y avait l'industrie et l'Arbed. À cette époque, les gens achetaient ici en abondance. Après les années 80, la crise de l’acier est soudain arrivée et tout s'est alors un peu ralenti. Mais nous sommes toujours là, Esch est une ville où beaucoup de gens habitent sur place et grâce à cela nous avons pu subsister." 

Anne Diderich, de la librairie du même nom, ouverte en 1945 et dirigée aujourd'hui par la troisième génération, trouve aussi toujours Esch attractive:

"Je constate que de très nombreuses jeunes familles viennent habiter ou reviennent à Esch. Au fond, de nombreuses choses sont proposées et je pense que cela contribue beaucoup à rendre Esch vivante et à ce qu'elle reste vivante. En tant que commerçante, le "Esch-bashing" m'attriste un peu." 
 
Il est vrai qu'un certain nombre de locaux commerciaux sont vides à Esch-sur-Alzette et cela ne fait certainement pas bonne impression. Mais il ne s'agit pas d'un phénomène propre à Esch, explique Gusty Lispi, gérant du centre musical Scala, un commerce fondé à Esch il y a 75 ans: "Allez à Thionville, ce n'est pas très loin. C'est exactement le même phénomène. Là aussi, il y a de très nombreuses boutiques qui ferment soudain leurs portes et le problème est que les jeunes n'ont plus autant de courage pour entreprendre quelque-chose."
 
Souvent des entreprises familiales ne trouvent plus de successeur direct et cela entraîne des fermetures. Des locaux restent alors inoccupés des mois durant. Les loyers élevés constituent un autre problème. Serge Daniel Kaboré, qui a ouvert avec son épouse un magasin dans la rue de l'Alzette il y a trois ans seulement, le confirme. Pour la survie d'un commerce, le produit et le service au client sont essentiels. Un service au client qui ne peut être offert en ligne.

Selon les commerçants, le centre d'Esch pourrait spécifiquement offrir davantage encore pour attirer les enfants. Ils souhaiteraient aussi avoir la possibilité de proposer des places de parking gratuites pour les clients. Du côté des boutiques, une plus grande mixité serait nécessaire.

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