
La santé sexuelle des adolescents semble empirer. Près de 30% des jeunes Européens de 15 ans déclarent n'avoir utilisé ni préservatif ni pilule contraceptive lors de leur dernier rapport sexuel, alerte l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dans un rapport publié cette semaine.
Un quart des jeunes garçons est déjà actif sexuellement à l'âge de 15 ans alors que chez les filles, elles sont 22% à avoir déjà eu une expérience sexuelle à cet âge. Selon l'étude menée par l'OMS, le Luxembourg se situe en haut du classement des pays sondés. Seuls les jeunes du Groenland, de la Finlande, de la Bulgarie, de l'Islande ou de la Hongrie sont plus actifs sexuellement que ceux du Luxembourg. Mais l'OMS alerte sur la santé sexuelle des jeunes un peu partout dans le monde puisque l'utilisation du préservatif ou de la pilule contraceptive est en nette baisse chez les ados. Une situation également constatée au Luxembourg par les responsables du Planning Familial.
Au Grand-Duché, plus d'un tiers des filles et plus d'un quart des garçons ont eu des rapports non protégés lors de leur dernière relation sexuelle. Les conséquences sont pourtant bien connues: le risque d'attraper des maladies ou infections sexuellement transmissibles (IST) augmente, sans oublier le risque d'une grossesse non désirée.
Selon la présidente du Planning Familial Ainhoa Achutegui, les cas de chlamydia ou de gonorrhée sont en augmentation ces dernières années, tout comme les grossesses non désirées.
Deux tiers des filles au Luxembourg n'avaient pas pris de pilule contraceptive lors de leur dernier rapport sexuel. Près de la moitié des garçons ont avoué que ce moyen de contraception n'était pas utilisé lors de leur dernier rapport.
Alors que le VIH n'est plus considéré comme une peine de mort de nos jours, les campagnes se font de plus en plus rares, notamment en étant remplacées par la sensibilisation à la prophylaxie pré-exposition (PrEP) qui protège contre le virus du SIDA mais pas contre les autres IST. Cette solution est surtout destinée aux hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) majeurs.
Alors que l'éducation sexuelle et affective peine à se faire un chemin chez les plus jeunes dans le monde, les informations que l'on peut retrouver sur internet sont souvent fausses. Même au Luxembourg, tous les jeunes n'ont pas toujours accès à une éducation sexuelle correcte, fournie par des professionnels dans les écoles.
Alors que la contraception pour les filles est bien remboursée par la sécurité sociale au Luxembourg, le préservatif ne fait pas partie de cette mesure, "ce qui n'aide pas les jeunes à se protéger correctement", admet Ainhoa Achutegui.
Face à cette situation alarmante, le Planning Familial avait lancé sa campagne "Plan P" en 2023, elle devrait être répétée cette année afin de sensibiliser les jeunes à l'utilisation du préservatif.