
Si le gouvernement devait recevoir une note, ce serait un "suffisant". C’est ainsi que le président de l’ACEL, Mattis Noël, a résumé le bilan à mi-législature de l’organisation étudiante. Le degré de satisfaction dépend toutefois fortement des dossiers concernés.
La principale critique reste le logement étudiant. Une enquête, à laquelle ont notamment participé plus de 300 étudiants de l’Université du Luxembourg, révèle que de nombreux jeunes jugent difficile l’accès à un logement étudiant. "Nous revendiquons 1.600 logements étudiants d’ici 2030. Mais, selon nous, leur construction doit être lancée d’ici 2028, afin que cela se fasse encore au cours de cette législature et que le dossier ne soit pas transmis au prochain gouvernement", explique le vice-président de l’ACEL, Pit Feltes.
Outre le manque de logements, l’ACEL pointe également les différences de réglementation entre les communes en matière de logements étudiants. L’association réclame donc l’adoption d’une loi nationale sur le logement étudiant d’ici 2028. "Nous regrettons que certaines communes mettent plutôt des bâtons dans les roues des promoteurs qui souhaitent construire des logements étudiants. C'est pourquoi nous demandons une loi sur le logement étudiant afin de disposer de règles uniformes. Nous souhaiterions également être associés aux discussions lors de l’élaboration de cette loi", souligne Pit Feltes.
En matière de mobilité aussi, l’ACEL estime que des améliorations restent nécessaires. La gratuité des transports publics ne suffit pas à elle seule, car de nombreux étudiants doivent encore effectuer de longs trajets ou composer avec des correspondances peu pratiques. L’association plaide donc pour des offres de transport à la demande plus flexibles dans les zones rurales, ainsi que pour davantage de possibilités de Park&Ride (P+R).
Le bilan est en revanche plus critique en ce qui concerne la loi sur les stages. Si l’ACEL salue le fait que les stages de plus de quatre semaines doivent être rémunérés, Pit Feltes estime qu’il subsiste encore un manque d’information : "Le problème, c’est que de nombreux employeurs et stagiaires ne le savent pas. Et beaucoup de stagiaires ne parviennent malgré tout pas à décrocher de stage, parce que l’employeur ignore encore qu’il ne doit pas lui-même payer, mais que le ministère en assume la prise en charge."
Des incertitudes subsistent également concernant les règles en matière de sécurité sociale. L’ACEL aurait reçu des témoignages de stagiaires indiquant qu’ils doivent cotiser comme s’ils percevaient 100 % du salaire minimum, alors que ce n’est pas le cas.
Le bilan est plus positif concernant la réforme de l’AideFi. Dans ce dossier, l’ACEL aété associée dès le départ aux travaux du gouvernement. La baisse du taux d’intérêt du prêt étudiant, l’augmentation de la bourse de mobilité ainsi que la nouvelle possibilité, pour les étudiants à temps partiel, de bénéficier d’aides financières constituent, aux yeux de l’organisation étudiante, des améliorations concrètes.