
Inscrire l’utilisation de l'argent liquide dans la Constitution, obtenir davantage de sièges à la Chambre et renvoyer les personnes qui n’ont pas le droit de se trouver au Luxembourg : lors de leur conférence de presse à l’occasion de la rentrée parlementaire, les cinq députés de l’ADR ont présenté plusieurs de leurs revendications. Certaines d’entre elles présentent des points communs avec celles de l’AfD allemande, mais l’ADR a assuré ne pas partager certaines déclarations faites par des membres de l’AfD.
Il s’agit notamment de ce qui concerne la banalisation de la période nazie et de l’Holocauste. "Nous avons eu une Deuxième Guerre mondiale et les Allemands nous ont envahis. Il n’est évidemment pas question de minimiser cela. Au contraire, il faut toujours rappeler que cette période a été terrible", a déclaré Fred Keup, président du groupe parlementaire ADR.
Il a également souligné qu’au niveau européen, l’ADR ne siège pas dans le même groupe parlementaire que l’AfD, mais avec l’ECR, les Conservateurs et Réformistes européens. À ses yeux, son parti a davantage de points communs avec le CSV que le CSV n’en a avec les Verts.
Le député ADR Tom Weidig a également contesté que sa déclaration faite il y a huit ans, à savoir "les nazis n’ont au moins pas laissé les Luxembourgeois mourir de faim", constitue une banalisation de la période nazie. Selon lui, cette déclaration aurait été sortie de son contexte, à savoir une discussion sur Facebook concernant le siège français de la forteresse en 1694.
Selon Tom Weidig, l’ADR "brise des tabous" comme aucun autre parti lorsqu’il parle de criminalité. "Tout le monde dans le pays" saurait quelle est la cause d’une hausse de la criminalité ou des atteintes à l’intégrité physique, a affirmé Tom Weidig : "Ce sont des étrangers qui n’exercent pas un travail convenable, qui se trouvent illégalement dans le pays ou qui sont engagés dans une procédure d’asile sans avoir de chance d’obtenir l’asile."
Bien qu’il affirme que tout le monde dans le pays le sait, il réclame néanmoins des statistiques sur la nationalité et le lieu de résidence des auteurs d’infractions afin de "mieux comprendre le problème et pouvoir le résoudre". Il a reproché au ministre des Affaires intérieures Léon Gloden de ne pas être honnête lorsqu'il affirme ne pas disposer de ces données.
Outre ces statistiques, l’ADR demande également, que les personnes qui n’ont pas le droit de séjour au Luxembourg soient expulsées, que davantage de places soient disponibles au centre de rétention et qu’une procédure de comparution immédiate, c’est-à-dire une procédure accélérée, soit appliquée aux récidivistes.
Comme l’AfD, l’ADR demande que l’argent liquide soit inscrit dans la Constitution. Son député Dan Hardy a rappelé la panne de LuxTrust survenue en décembre dernier, lorsque les paiements numériques avaient été impossibles pendant 24 heures. Il a souligné que l’ADR n’était pas opposé aux moyens de paiement numériques, mais souhaitait que l’utilisation de l’argent liquide ne puisse être limitée que par la loi. Le parti ne souhaite pas toucher à la limite actuelle de 10.000 euros en espèces que l’on peut avoir sur soi : " Cela a indirectement à voir, enfin c’est ce qu’on dit toujours, avec l’argent au noir."
L’ADR demande également une augmentation du nombre de députés à la Chambre, au motif que la circonscription Est est sous-représentée et qu’il existe un déséquilibre entre l’opposition et la majorité. Fred Keup a fait remarquer que le principal parti d’opposition, actuellement le LSAP, compte moins de députés (13) que le gouvernement ne compte de ministres (15). Augmenter le nombre de collaborateurs à disposition des députés constituerait également une piste, selon le chef du groupe parlementaire ADR, qui a par ailleurs souligné la sous-représentation des élus de l’opposition au sein des conseils communaux.
La députée ADR Alexandra Schoos a, quant à elle, réclamé davantage d’efficacité au niveau des caisses sociales, qui sont sous pression financière, avant toute augmentation des cotisations. Pour le député Michel Lemaire, il faudrait davantage soutenir la transmission générationnelle dans le secteur agricole et passer les réglementations au crible, afin de permettre aux agriculteurs d’être productifs.