
Marc Crochet déplore également que "la dernière tripartite a raté sa chance de combattre les inégalités au Luxembourg". Lors de son interview, le directeur de la fondation est revenu sur le fait qu'en 2019, donc bien avant la crise énergétique, 2,4% de la population au Luxembourg n'était pas en mesure de se chauffer correctement. Un chiffre qui est passé à 3,6% en 2020, soit environ 20.000 personnes. Et même si des chiffres plus récents ne sont pas encore disponibles, Marc Crochet est d'avis que cette tendance va évoluer vers le haut avec les différents problèmes que connaît la société de nos jours.
Il se demande comment la Belgique a pu appliquer si rapidement des mesures beaucoup plus sélectives qui vont aider directement les familles qui en ont le plus besoin: "les autorités belges ont réussi, dans la même situation d'urgence, à négocier un tarif social pour un million de citoyens, ceux qui ont le plus de mal à joindre les deux bouts".

Le directeur de Caritas n'est pas convaincu que les mesures proposées par le gouvernement luxembourgeois vont, à terme, venir en aide à toutes les couches de la population en freinant l'inflation.
Selon l'organisation caritative, les plafonds fixés afin de pouvoir obtenir ces aides financières devraient être augmentés afin de permettre à davantage de personnes de profiter des coups de pouce proposés par l'État. Il serait également important d'informer la population que ces aides existent et, selon Marc Crochet, "il faudrait simplifier l'offre et l'accès à ces mesures".
Le directeur de Caritas se demande enfin pourquoi la réforme fiscale n'a pas encore abouti, car selon lui "les autorités ont toutes les cartes en main".