
Les députés, qui ont pris la parole jeudi matin, ont essentiellement abordé deux sujets: la fiscalité et le logement.
Avec la crise, la période ne se prête ni aux baisses ni aux hausses d'impôts, a dit mercredi le ministre des Finances,
Sven Clement, le député pirate, considère pourtant qu'il faudrait agir très rapidement dans ce domaine.
Le député CSV Gilles Roth, a voulu rappeler au gouvernement le manque à gagner pour les caisses de l'Etat ces cinq dernières années, provoqué par le régime des stock-options et les abus au niveau des fonds spéciaux d'investissement. Il s'agirait d'une somme énorme, selon les calculs de Gilles Roth.
Mais le gouvernement se saisit seulement de ce problème maintenant qu'il a le dos au mur, selon le député CSV. Il y a trois semaines à peine, les 31 députés de la majorité n'ont pas soutenu une motion de l'opposition pour la suppression des stock-options, a critiqué Gilles Roth.
Dans son allocution, le député CSV Marc Lies a attribué au gouvernement et surtout au parti du Premier ministre, le DP, la faute du glissement d'un problème à une crise du logement. Depuis que Xavier Bettel est chef du gouvernement, c'est-à-dire depuis 2013, les prix ont grimpé de 65% sur le marché de l'immobilier. La coalition actuelle n'a rien entrepris contre cette hausse, regrette Marc Lies.
Le constat est unanime pour tous les partis: le manque de logements à prix abordable est le plus gros problème social au Luxembourg. Selon Yves Cruchten, député LSAP, il est à craindre qu'une faille apparaisse dans la société entre les citoyens propriétaires d'un logement et ceux qui ne pourront jamais s'offrir leur propre logement.
Dans sa déclaration mardi, le Premier ministre a annoncé qu'en matière immobilière, "l'année prochaine verra la diminution du taux d'amortissement de 6% à 5% et de la durée d'amortissement de 6 à 5 ans." Pour le LSAP, il ne s'agit que d'un début, a affirmé Yves Cruchten.
Il faut mettre un terme à l'intervention et la spéculation sur le marché du logement, surtout de la part de pays tiers, selon le député LSAP. Il n'y a pas encore de données qui permettent de prouver l'envergure de ces investissements étrangers. Mais les députés ne sont pas opposés à une enquête, qui pourrait ensuite être discutée dans la commission ad hoc.