Un cas particulierLa décision de renvoyer une famille syrienne en Grèce doit être vérifiée

Claudia Kollwelter
Le Comité international des droits de l'enfant souhaite vérifier le cas spécifique d'une famille syrienne.

La famille avait demandé la protection internationale au Luxembourg. Elle était arrivée au Grand-Duché en 2019, après avoir passé deux ans en Grèce, où elle avait obtenu le statut de protection internationale. Sur cette base, le statut ne lui a pas été accordé au Luxembourg. Peu de temps après, la mère a mis au monde son sixième enfant au Grand-Duché. Ce dernier n'avait pas le statut de réfugié en Grèce. Par conséquent, les parents ont déposé une demande au Luxembourg en février 2020.

"Il faut rappeler que les parents disposent d'un permis de séjour en Grèce. Nous avons examiné quel est le risque pour l'enfant en Grèce. Un refus de statut a été signifié pour l'enfant né au Luxembourg, car en fait, il ne risquait rien en Grèce", indique Alain Bliss, directeur général adjoint de l'immigration au ministère des Affaires intérieures.
 
Marion Dubois, directrice de l'ASBL Passerell, qui défend les droits des réfugiés, affirme que la famille a déposé une plainte à cause de la manière dont les demandes d'asile des enfants sont traitées par les autorités luxembourgeoises. "Outre les conditions terribles en Grèce et le risque que la famille doive retourner [en Syrie], nous sommes surtout préoccupés par le fait que les enfants n'ont pas été entendus pendant la procédure. Les parents et les enfants ont formulé plusieurs demandes pour être entendus et pour parler de leurs problèmes en Syrie et en Grèce."

Alain Bliss explique: "Il faut préciser que les demandes des parents ont été faites pour tous les enfants. C'est donc aux parents de présenter tous les éléments. La loi stipule que les parents doivent être entendus, mais dans ce contexte, les enfants ne doivent pas être entendus." 
 
La plainte va à présent être analysée sur le fond. Pendant ce temps, la décision de renvoyer la famille en Grèce est gelée. L'ASBL Passerell continuera de suivre le dossier et souligne que la situation des réfugiés en Grèce est très précaire et que le statut n'implique pas forcément que les droits des personnes et surtout des enfants sont garantis.

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