Luxembourgeois et étrangers emprisonnésIl faut relativiser ces chiffres, selon l'Administration pénitentiaire

Jean-Marc Sturm
On ne peut pas dire schématiquement que les Luxembourgeois commettent des délits moins graves, selon Serge Legil.

Si on considère les cas où des personnes sans casier judiciaire sont condamnées pour la première fois par un tribunal au Luxembourg, les Luxembourgeois sont moins concernés que les étrangers. C'est l'impression qu'on peut avoir à la lecture des chiffres avancés par la ministre de la Justice Elisabeth Margue en réponse à une question parlementaire du député déi Lénk Marc Baum. Ces chiffres doivent cependant être replacés dans leur contexte et par conséquent relativisés, selon le directeur de l'Administration pénitentiaire, Serge Legil.

Les chiffres doivent être abordés avec prudence.

"Premièrement il s'agit uniquement des chiffres des personnes qui ont une première condamnation. Cela signifie qu'il n'y a aucun récidiviste. Deuxièmement, il s'agit automatiquement de personnes condamnées et non de prévenus. Cela signifie qu’il ne s’agit que d’une petite partie de la population carcérale. C'est-à-dire moins de la moitié. Notre population carcérale dans son ensemble n’est déjà pas très nombreuse. L’échantillon statistique dont nous disposons encore ici doit être considéré avec la plus grande prudence. Cela ne veut pas tout dire."

Il faut ajouter qu'un petit pays tel que le Luxembourg avec ses nombreuses frontières, a une situation spécifique.

"Cela signifie un petit pays, avec une situation centrale et, c'est le deuxième critère, qui a beaucoup de transit. Il faut ajouter à cela que le Luxembourg a déjà un taux élevé de population non luxembourgeoise. Et ensuite, il y a en plus les frontaliers. Cela signifie que pendant la journée, nous sommes plus de la moitié d'étrangers. Ces chiffres représentent premièrement un très petit échantillon, avec les incertitudes qui en découlent, et deuxièmement, ils reflètent finalement la population normale au Luxembourg."

Même s’il y a des écarts entre les chiffres, ils sont si faibles avec ces petits chiffres qu’on ne peut pas en tirer grand chose, selon le directeur de l'Administration pénitentiaire.

Par exemple, on ne peut pas dire schématiquement que les Luxembourgeois commettent des délits moins graves.

"... je ne voudrais pas nécessairement établir là une relation... sauf peut-être effectivement si vous faites référence à la grande criminalité luxembourgeoise à l'ancienne, avec des noms que nous avons bien connus avant dans différentes grosses affaires, de ceux-là, nous n'en avons plus, ces gens sont soit décédés soit ils ne sont plus en prison."

S'il y a une plus grande proportion d'étrangers en détention provisoire, c'est dû en grande partie au fait que les personnes sans résidence au Luxembourg ne peuvent pas être libérées provisoirement et doivent donc être maintenues en détention provisoire.

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