
Lors de la Coupe du monde de football, des épisodes négatifs ont quelque peu éclipsé une performance sportive globalement satisfaisante ainsi qu’une organisation réussie. C’est en substance le bilan dressé ce lundi matin sur RTL par le président de la Fédération luxembourgeoise de football (FLF), Paul Philipp. Ce dernier n’a pas épargné ses critiques, tout en estimant qu’il est encore trop tôt pour déterminer quelles conséquences en seront tirées. "À l’heure actuelle, nous ne soutenons rien", a déclaré Paul Philipp à propos de l’élection à la présidence de la FIFA prévue l’année prochaine. Cela ne signifie toutefois pas que la FLF s’opposera au président actuel, Gianni Infantino, que Paul Philipp a d'abord appelé Trump dans un lapsus freudien. Selon lui, tout dépendra de la manière dont cette Coupe du monde sera analysée au sein de la FIFA et de l’UEFA, ainsi que des visions proposées pour l’avenir.
Paul Philipp a réitéré ce qu’il avait déjà déclaré sur RTL il y a deux semaines : l’intervention du président américain Donald Trump auprès du président de la FIFA, Gianni Infantino, afin de faire annuler le carton rouge et la suspension du joueur américain Balogun, constitue une catastrophe. Il attend désormais de voir comment réagira la Belgique, qui avait dû affronter Balogun, car, selon lui, "il s'agit ici de quelque chose de fondamental : l’indépendance des instances judiciaires".
"Dieu merci", la Belgique a ensuite remporté le match contre les États-Unis, a ajouté Paul Philipp, estimant qu’une autre issue aurait constitué un très mauvais signal pour le football et pour la Coupe du monde. Le président de la FLF fait d’ailleurs la même analyse sur la finale disputée dimanche, car les Argentins ont été totalement dominés par les Espagnols. Les images montrant des joueurs argentins se dirigeant vers des joueurs espagnols immédiatement après le coup de sifflet final ont, selon lui, été "catastrophiques", d'autant plus qu'elles ont été vues par des millions de personnes.
Paul Philipp a salué positivement les consignes données aux arbitres d'être plus accommodant afin de lutter contre le phénomène des simulations et des "plongeons". Selon lui, il y en a eu moins lors de cette Coupe du monde que lors des précédentes. Il reconnaît toutefois qu’il reste difficile pour les arbitres de fixer une limite claire, leur mission première étant de protéger les joueurs.
Le président de la FLF s’est en revanche montré critique à l’égard de plusieurs nouveautés introduites lors de cette Coupe du monde : les "hydration breaks" (pauses hydratation), qu’il qualifie de pauses publicitaires, le spectacle de la mi-temps lors de la finale, qui a prolongé trop longtemps la pause, ainsi que l’augmentation du nombre de participants de 32 à 48 équipes. Selon lui, cette évolution complique non seulement l’organisation sur le plan logistique, mais elle pose également un problème d’un point de vue sportif. Il cite notamment l’exemple des joueurs suisses, qui ont dû observer une pause de neuf jours entre leur dernier match de groupe et leur seizième de finale. Une interruption aussi longue n'est pas idéale pour la santé des joueurs.
Paul Philipp considère également absurde l’idée d’élargir la Coupe du monde à 64 équipes. Même si une telle réforme offrirait davantage de chances à l’équipe nationale luxembourgeoise de participer un jour à la compétition ? "Lorsqu’il n’y a pas de grands mérites, cela n’a aucun intérêt", conclut le président de la FLF.