
Pas de langue de bois mardi matin au City Breakfast. La bourgmestre de la Ville de Luxembourg, Lydie Polfer, n'a pas hésité à aborder le sujet épineux de la sécurité dans le quartier Gare. Elle a commencé par admettre que la situation ne s'était pas forcément améliorée "en ce qui concerne les drogues" autour de la Gare de Luxembourg.
"On assiste tous les jours à des scènes qui ne sont pas tolérables", a-t-elle continué. Cela malgré une présence renforcée de la police dans la capitale. "La police ne suffit pas", a commenté la bourgmestre. "Il faut que tous les acteurs y mettent du leur", pour avancer sur des problèmes aussi complexes que la toxicomanie.
"On voit des personnes qui s'injectent des drogues au beau milieu de la rue. Et cela, près des endroits sensibles comme les écoles. Ce n'est pas acceptable", a-t-elle déclaré sans détour. Lydie Polfer a fait part de sa volonté de faire évoluer les choses tout en rappelant que le but n'était pas de "sanctionner" les toxicomanes. Elle a évoqué "la souffrance" qui se cache souvent derrière ce genre de situation.
Pour sa part, la bourgmestre considère que la Ville de Luxembourg fait déjà "tout son possible" pour faire avancer les choses. D'après elle, 75 personnes seraient actuellement employées par la Ville de Luxembourg pour répondre à ce genre de problématiques sociales.
L'élue a néanmoins admis qu'il y avait encore une marge de progression "pour mieux intervenir à la Gare". La question qui reste en suspens est celle du "comment". En effet, aucune nouvelle piste n'a été suggérée pour éviter que la toxicomanie déborde dans les rues du quartier.
La Ville de Luxembourg a reçu "des renforts", a confirmé ce mardi la bourgmestre de la Ville de Luxembourg. Une partie des nouveaux policiers recrutés ces derniers 24 mois ont été assignés aux contrôles de la mendicité "agressive" dans la capitale. Une présence renforcée "bienvenue" estime Lydie Polfer qui assure qu'elle "porte ses fruits".
"C'est ce qu'on a toujours demandé" rappelle-t-elle. La bourgmestre assure que la situation s'est améliorée dans les rues de la capitale. Les cas de mendiants qui poursuivent des passants, il n'y en aurait "quasiment plus", d'après elle. Cela grâce à la présence mais aussi à l'intervention de la police dans certains cas.
Aux dernières nouvelles, 197 interventions liées à la mendicité "aggressive" auraient eu lieu à Luxembourg. Un bon bilan d'après l'élue DP qui est d'avis qu'il ne faut pas relâcher les efforts. Elle a évoqué les stratagèmes de plus en plus dangereux auxquels ont recours certains mendiants pour arriver à leur fin.
"On voit des gens qui se placent à l'entrée de l'autoroute A4, à Hollerich, pour arrêter des voitures et demander de l'argent. C'est dangereux pour toutes les personnes impliquées", a-t-elle rapporté mardi en conférence de presse. C'est précisément pour cela qu'elle milite pour un effort de recrutement continu au sein de la police.
Dans le contexte d'une croissance démographique importante comme celle de la Ville de Luxembourg, la bourgmestre a tenu à rappeler qu'il n'existe pas de remède miracle. Elle croit cependant à un encadrement légal qui doit permettre aux autorités de faire leur travail.