
Où le Luxembourg en est-il aujourd’hui en matière de droits de l’enfant et dans quelle mesure sont-ils réellement mis en œuvre ou respectés ? C’est notamment sur ces questions que se sont penchés les participants au séminaire d’été de l’Ombudsman fir Kanner a Jugendlecher, le défenseur des droits des enfants et des adolescents, qui s’est tenu pendant trois jours. La semaine dernière, l’OKAJU avait donné rendez-vous aux acteurs du secteur à la Chambre des salariés, à Bonnevoie. Les jeunes ont eu également l’occasion de s’exprimer.
Depuis trois ans, les jeunes sont en effet représentés auprès de l’OKAJU sous la forme de "Young Advisors" (jeunes conseillers). Natasha Lepage, aujourd’hui âgée de 23 ans, a elle-même été Young Advisor et est désormais co-coordinatrice de ce projet : "Le projet a été lancé avec l’idée de ne pas seulement demander leur avis aux jeunes de 13 à 17 ans, mais aussi de leur permettre de participer aux discussions sur les sujets qui leur tiennent à cœur et qui font partie de leur quotidien, afin qu’ils soient véritablement intégrés au processus. Il est extrêmement important de créer un espace et des possibilités de participation afin que les jeunes ne soient pas impliqués juste une fois, mais qu’ils puissent réellement prendre part à l’ensemble du processus."
Il s’agissait déjä de la sixième édition du séminaire d’été de l’OKAJU. À ce sujet, la coordinatrice Flore Schank explique : "Ce qui est particulièrement réjouissant, c’est qu’un public très large se réunit ici. On y retrouve aussi bien des acteurs du secteur éducatif, formel et non formel, que du secteur de la justice, du secteur socio-éducatif ou encore du domaine médical. Le public est en réalité très varié. Il y a également des étudiants et de jeunes personnes qui s’intéressent aux droits de l’enfant. Tous se retrouvent ici, et chaque année nous abordons différentes thématiques qui découlent aussi de notre travail et du quotidien."
Cette édition était notamment centrée sur la protection des enfants. Des experts internationaux ont participé aux échanges, notamment le responsable de Family Lab France, qui travaille sur la question de ce que l’on appelle la "violence éducative ordinaire" :"On sait que, enfin, on a toujours su, que ces violences, elles faisaient mal. Sauf qu'on les a considérées comme des méthodes éducatives. La fessée, la punition, la mise au coin, etc, les violences physiques, les violences verbales, qui faisaient partie du quotidien et qui font encore partie du quotidien de nombreux enfants. Aujourd'hui, on sait, et les neurosciences viennent nous confirmer, que ces violences sont de véritables violences et qu'elles nuisent au développement de l'estime de soi de l'enfant et à son épanouissement."
Ce séminaire ne vise toutefois pas seulement à favoriser les échanges entre les acteurs de terrain. Les contributions issues du séminaire seront intégrées au rapport annuel de l’OKAJU, afin que ces réflexions puissent, au final, atteindre également le grand public ainsi que les responsables politiques.