
La désignation de l'actuel Commissaire européen luxembourgeois, Nicolas Schmit, comme tête de liste des socialistes européens pour les élections européennes, suscite pourtant des spéculations. En effet, si les socialistes réalisent un bon score en juin, ils pourraient revendiquer le poste de Président de la Commission européenne. Cela n'inquiète pas Christophe Hansen. Le système de la tête de liste européenne n'est pas ancré dans un traité et nous avons pu constater en 2019 que le candidat tête de liste arrivé en tête, ne devient pas nécessairement Président de la Commission.
[En 2019, Manfred Weber était le candidat tête de liste du PPE et le PPE était le groupe parlementaire le plus forte. Malgré cela, c'est Ursula von der Leyen qui est devenue Présidente de la Commission, alors qu'elle ne figurait pas sur la liste du PPE.NDLR]
Christophe Hansen ne croit pas non plus que les socialistes arriveront en tête lors des élections européennes. Nicolas Schmit a déjà déclaré lui-même en interview qu'il s'attend à ce qu'ils restent la deuxième force. Ses chances de devenir président sont donc extrêmement faibles. Le député CSV respecte toutefois le fait que Nicolas Schmit s'engage à ce point pour sa fraction, car la course est plutôt vouée à l'échec.
A propos de sa candidature sur la liste CSV pour les européennes, Christophe Hansen a assuré qu'il y a quelques mois encore, il aurait très clairement dit "non", mais que la situation avait changé. Il a été nommé par le CSV et le DP et il est du même avis que Nicolas Schmit en 2019 dans une interview, à savoir qu'en tant que commissaire, il faut se confronter aux électeurs pour avoir une légitimité. L'objectif est évidemment aussi de reconquérir un troisième siège, mais cela sera extrêmement difficile. Le système est volatile et, en raison des nombreux partis qui seront probablement candidats, il est également très imprévisible.
En ce qui concerne les portefeuilles, il y a de nombreux sujets qui l'intéressent, notamment l'environnement, l'énergie, l'agriculture et le marché intérieur. Mais Ursula von der Leyen, dans son discours sur l'état de l'Union, a également parlé de réduire la charge administrative de 25%. Il est ainsi envisagé d'ouvrir un nouveau portefeuille, qui s'occuperait spécifiquement des petites et moyennes entreprises. Ce qui intéresse aussi Christophe Hansen.
De manière générale, l'ancien député européen a également critiqué le fait que l'UE était encore trop laborieuse, notamment en matière de politique étrangère, en raison de l'unanimité nécessaire. "Cette unanimité en politique étrangère nous ralentit et nous rend trop lents pour réagir aux vraies crises,“ selon Christophe Hansen. L’Union européenne semble ainsi faible sur la scène géopolitique. Il faut donc commencer par là, mais il faut bien sûr prévoir une modification des traités et ce n'est pas si simple.