
Les responsables du siège principal de la société Flibco travaillent depuis quatre ans sur ce concept qui permet aux collaborateurs de ne plus travailler que 32 heures par semaine. Ces nouveaux horaires ont été mis en place il y a un an. Retour sur une année de travail pas si différente que ça.
L'entreprise, spécialisée dans les domaines du marketing, de l'administration, du service au client, dans le développement ainsi que dans la planification et la conception du réseau est plus connue pour les bus qui relient les principaux aéroports de la région. Mais Flibco n'emploie aucun chauffeur de bus.
"Passer à quatre jours de travail hebdomadaires ne représente seulement qu'une petite partie de l'ensemble des mesures. Les mentalités doivent changer, de nombreuses modifications doivent être effectuées au sein du management et de l'embauche des collaborateurs. Ce fut un long un processus pour y arriver", explique Tobias Stüber, le patron de l'entreprise.
Le chiffre d'affaires a augmenté de 48%, et la productivité de 69% depuis l'instauration de ce nouveau mode de travail alors que les arrêts maladie sont tombés à 1%, avec, en moyenne, moins d'un jour de congé maladie par an et par personne. Mercredi, peu de collaborateurs étaient au bureau, mais le lundi, leur présence est requise, on nous explique qu'il s'agit d'un "jour de bureau" et que tous les salariés doivent venir travailler alors que les autres jours sont plus flexibles, ils peuvent choisir de ne pas venir tel ou tel jour, ou même s'absenter deux demi-journées.
"Tout le monde s'organise ensemble afin que le service soit assuré de manière optimale", continue Tobias Stüber, "comme ils bénéficient de plus de temps libre, leur motivation augmente pour trouver des solutions, pour optimiser le travail et faire gagner du temps à l'entreprise. C'est une vraie situation de win-win".
Les collaborateurs sont du même avis, pour Jonathan Wauthier, qui travaille ici depuis sept ans, tout a commencé avec le Covid: "la digitalisation est arrivée, tout comme le nouveau chef, qui a introduit des heures de travail de plus en plus flexibles, avant d'arriver enfin à la semaine de quatre jours il y a un an. Les deux premiers mois, ce changement a pris pas mal de temps, mais aujourd'hui nous ne pourrions plus nous en passer. Ma flexibilité a clairement augmenté, et grâce à cet aspect, je suis disponible pour l'entreprise 24h sur 24, en cas d'urgence, ce qui n'arrive pratiquement jamais. Après une petite coupure pendant la semaine, on peut reprendre le travail de manière optimale".
Un autre salarié, qui travaille ici depuis deux ans, appréhendait surtout les interactions avec les collègues avec un jour de travail en moins: "tout s'est mis en place rapidement, grâce à une bonne organisation et des réunions qui sont toujours organisées le lundi. C'est une énorme liberté, surtout en tant qu'arbitre de basket au niveau national en Belgique, j'en profite vraiment et j'arrive bien à faire cohabiter mon travail et ma vie privée. L'entreprise attend certains résultats de la part de ses employés, et comme nous sommes désormais bien organisés, les employés ont clairement envie de les atteindre", raconte Jonathan Carnevale qui précise être plus serein et moins stressé depuis l'introduction de la semaine de quatre jours au travail.
Plus d'une centaine de personnes travaillent pour Flibco qui a son siège à Differdange. 16 personnes travaillent au Luxembourg, 35 en Belgique, 35 en Italie et 25 développeurs à travers l'Europe. La prochaine étape sera de faire profiter de la semaine de quatre jours à partir du 1er octobre aux collaborateurs situés en Belgique.