
En parallèle à la guerre en Ukraine ou à l'explosion des coûts de l'énergie, plusieurs facteurs sont à l'origine des décisions prises par le groupe en Europe.
Le directeur général note notamment le ralentissement de l'activité économique dans le monde, donc une baisse des commandes mais également un surcoût imposé aux sociétés énergivores en Europe sur les émissions de CO2. Vu la hausse des prix de l'acier en Europe, le groupe déplore également une augmentation des importations extérieures à l'UE, ce qui complique encore plus la situation.
Vu cette baisse de la demande en Europe, le groupe ArcelorMittal a donc décidé de fermer temporairement cinq sites: deux en France, un en Pologne, un en Allemagne et un en Espagne.

Le Luxembourg, dont l'activité sidérurgique fonctionne principalement grâce à des fours à arc électrique, est davantage touché par la flambée des prix de l'électricité et du gaz naturel. Roland Bastian a souligné que les activités luxembourgeoises enregistraient encore des commandes, "assez pour pouvoir continuer", et que, "pour le moment, aucune fermeture prolongée n'est prévue au Grand-Duché".
Il a cependant nuancé cette confirmation en expliquant que personne ne pouvait prévoir ce qu'il va se passer dans un ou plusieurs mois et que la situation pouvait changer à tout moment: "nous ne pouvons pas nous permettre d'arrêter en raison des prix énergétiques élevés, il faut continuer à produire et à honorer les commandes".
Afin de "limiter les dégâts" sur les factures énergétiques, le Luxembourg fait preuve de flexibilité, grâce notamment à des installations modernes, en suspendant l'utilisation des fours électriques durant les périodes les plus tendues, principalement le matin et le soir, lorsque le prix de l'électricité est au plus haut. De cette manière, les sites luxembourgeois peuvent encore éviter une explosion des coûts énergétiques et garantir la continuité de leur activité.
En ce qui concerne le gaz, le groupe assure déjà avoir réduit de 5 à 10 pourcents sa consommation, grâce à certaines mesures prises sur les différents procédés de fonte, notamment grâce à un apport plus élevé d'oxygène pour certaines opérations.
En cas de coupure totale de l'approvisionnement, une réorganisation interne mais également en concertation avec les autorités ainsi que les autres acteurs du secteur luxembourgeois devra être prise en considération afin de programmer les arrêts de production dans chaque entreprise concernée.