
Les fonds publics à eux seuls ne suffisent pas pour réaliser les investissements dont l’économie européenne a besoin. C’est pourquoi un consensus existe sur la nécessité de poursuivre le développement de l’Union des marchés et des capitaux. Cela devrait se faire avec moins de bureaucratie et dans un environnement plus favorable économiquement, a déclaré le Premier ministre Luc Frieden : "Si nous voulons investir dans l'innovation, si nous voulons une intelligence artificielle européenne, si nous voulons investir dans la défense, nous avons besoin de l'argent public, oui, mais l'argent public est forcément limité, nous avons aussi besoin de l'argent privé. Et c'est la raison pour laquelle nous souhaitons un accord sur la Saving and Investment Union d'ici à la fin de l'année."
Le Luxembourg, grâce à sa place financière, joue également un rôle important dans ce domaine, a souligné António Costa. Les parties se sont fixé pour objectif d’avoir un accord au niveau de l’Union européenne d’ici la fin de l’année.
Un autre sujet plus épineux était le budget pluriannuel de l’Union européenne. Les États membres sont en effet divisés entre ceux qui souhaitent davantage d’économies budgétaires et ceux qui veulent prévoir davantage de moyens financiers dans le budget européen. Une tâche loin d’être simple pour le président du Conseil européen, António Costa, comme l’a également laissé entendre Luc Frieden lors de la conférence de presse. António Costa s’est toutefois fixé un objectif ambitieux : parvenir à un compromis au niveau de l’UE d’ici la fin de l’année : "Cela signifie garantir un financement solide pour nos nouvelles priorités — la défense, la sécurité, la compétitivité, la recherche, l’innovation et la résilience stratégique — tout en préservant, naturellement, les piliers essentiels de soutien à nos régions : la cohésion et la politique agricole."
Le Luxembourg adopte pour sa part une position intermédiaire sur ce dossier, comme l’a expliqué Luc Frieden. Des investissements sont nécessaires, mais sans recourir à de nouvelles dettes ni à de nouveaux impôts.
L’actualité géopolitique figurait également à l’ordre du jour de la rencontre. Selon les deux responsables politiques, soutenir l’Ukraine constitue un investissement dans la sécurité européenne. António Costa a par ailleurs condamné avec fermeté l’incident survenu à l’aéroport de Leipzig : "La Russie doit bien comprendre que ce ne sont pas ces menaces, ces attaques hybrides ou pas hybrides, qui vont faire changer la position de l’Union européenne. Car la position de l’Union européenne est ancrée dans les valeurs fondamentales du droit international."
Après l’incident de Leipzig, de nombreux pays réclament une attitude plus ferme à l’égard de la Russie. Il n’est toutefois pas encore possible de préciser concrètement quelle forme cette fermeté prendra.