Manifestation devant la CSSFAmnesty International: "Le Luxembourg risque de devenir complice de la guerre menée contre les Palestiniens"

Céline Eischen
adapté pour RTL Infos
La CSSF, la Commission de surveillance du secteur financier, permet à Israël de vendre des obligations d’État en Europe et de générer ainsi des milliards d’euros.

Le Luxembourg permet le financement des atrocités commises par Israël à l’encontre des Palestiniens : c’est du moins ce qu’Amnesty International reproche à la Commission de surveillance du secteur financier. Dans ce contexte, une manifestation s’est tenue mardi devant le siège de la CSSF, route d’Arlon. Il s’agit concrètement d’emprunts d’État israéliens auxquels la CSSF a donné son feu vert il y a un an afin qu’ils puissent être négociés sur les marchés financiers européens. L’autorisation expire à la fin du mois d’août et, pour Amnesty International, elle ne devrait pas être renouvelée.

Une cinquantaine de manifestants se sont rassemblés mardi route d’Arlon pour un piquet de protestation devant le siège de la CSSF. Comme l’explique David Pereira, directeur général d’Amnesty Luxembourg, les recherches menées par Amnesty International ont montré qu’Israël tire plus de 2,4 milliards d’euros par an de la vente de ces obligations.

"Cet argent, comme le gouvernement israélien l’a très clairement dit, est utilisé pour continuer à fonctionner et pouvoir poursuivre le génocide, le système d’apartheid, ainsi que tous ces crimes de guerre et violations des droits humains."

Pour vendre des obligations sur le marché européen, l’accord d’un État membre de l’Union européenne est nécessaire. Avant le Luxembourg, c’était l’Irlande qui assumait le rôle de pays d’accueil. Toutefois, sous la pression de l’opinion publique, cet accord a été retiré en 2025.

Pour Amnesty International, il est clair qu’aucun pays ne devrait plus autoriser les obligations israéliennes.

"Nous demandons également que, de manière générale, les autres États membres de l’UE n’acceptent pas ces obligations", a poursuivi David Pereira. "De façon générale, il faut veiller à être toujours dans la prévention lorsqu’il existe un risque de violations des droits humains, de crimes de guerre ou, comme dans le cas présent, de ce qui est désormais considéré comme un génocide. Tout doit alors être mis en œuvre pour empêcher une telle situation dramatique."

L’an dernier déjà, la CSSF avait répondu à ces reproches devant la Commission des Finances de la Chambre. En tant qu’autorité de surveillance financière indépendante, elle estimait ne pas avoir pour rôle d’interpréter des lois internationales. Son directeur, Claude Marx, avait alors indiqué que si des sanctions européennes ou nationales étaient prises contre Israël en raison de la guerre menée contre les Palestiniens, la CSSF retirerait elle aussi son autorisation. Pour David Pereira, le Luxembourg risque toutefois de se rendre complice de la guerre contre les Palestiniens :

"Nous avons malheureusement déjà permis que plus de 2,4 milliards d’euros par an puissent être levés. Et qu'est-il fait de cet argent ? Cela revient justement à une complicité dans le génocide. Il existe donc aujourd’hui un risque important pour le Luxembourg, pour la CSSF. Nous avons une responsabilité morale, humaine et solidaire de mettre un terme à cela."

L’autorisation accordée aux obligations israéliennes expire le 31 août. On ignore encore si elle sera renouvelée ou non.

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