Espèces invasivesActions ciblées contre les ratons laveurs et les nutrias au Luxembourg

Anouk Siebenaler
adapté pour RTL Infos
Importés en Europe au début du XXᵉ siècle pour leur fourrure, les nutrias et les ratons laveurs se sont depuis répandus de manière incontrôlée à travers l’Europe centrale.
Wéi a firwat d’Naturverwaltung géint Wäschbier an Nutria virgeet
D'Naturverwaltung konzentréiert sech dorop, déi invasiv Aarten an de sensibelste Gebidder anzefänken.

Tous deux figurent aujourd’hui sur la liste européenne des espèces invasives, ce qui impose aux États membres, via un règlement de 2014, de mettre en place des mesures ciblées pour protéger la biodiversité locale. Au Luxembourg, cette mission revient à l'Administration de la nature et des forêts (ANF) ou à l'Administration de la gestion de l'eau (AGE), selon les milieux concernés.

Parmi les zones les plus surveillées figure la réserve naturelle de Haff Réimech, où les équipes de l’ANF installent régulièrement des pièges. Les roseaux attirent en effet de nouveaux groupes de nutrias, qu’il faut capturer avant qu’ils ne causent trop de dégâts ou ne se reproduisent davantage. Présents dans le pays depuis 2017, ces rongeurs laissent des traces caractéristiques : destruction de roselières, affaissement de berges ou prédation sur des espèces locales de mollusques. À ce jour, environ 600 nutrias ont été capturés et euthanasiés.

Le raton laveur, lui, a été observé pour la première fois en 1979 au Luxembourg. Sa population n’a cessé d’augmenter, au point d’être déclaré gibier en 2011. Les chiffres de prélèvement illustrent cette progression : d’environ 600 individus abattus en 2012, on est passé à près de 2.000 par an aujourd’hui. Leur impact sur la faune locale est bien réel, qu’il s’agisse de la prédation d’œufs d’oiseaux rares ou de la destruction de populations entières d’amphibiens durant la migration.

L’espèce s’est désormais installée jusque dans les zones urbaines. Pour les ratons laveurs présents dans des jardins ou des greniers privés, l’ANF n’intervient plus directement, précise Laurent Schley, chef du Service Faune sauvage et Chasse: "dans ce cas, nous n’intervenons pas en tant qu’administration. Les particuliers doivent demander une dérogation pour capturer l’animal, et il doit ensuite être euthanasié de manière conforme à l’espèce".

Selon lui, l’éradication totale n’est plus envisageable, ni pour les nutrias ni pour les ratons laveurs : "Ils sont arrivés en Europe suite à l'action humaine et font désormais partie de notre nature, il faut que l'on apprenne à vivre avec eux". L’objectif est donc de concentrer les efforts là où l’impact sur la biodiversité est le plus fort.

Concrètement, cela passe par des captures régulières dans les zones sensibles ou par la protection renforcée des nids d’oiseaux rares, afin d’empêcher les ratons laveurs d’y accéder. Malgré les restructurations en cours et la révision annoncée des plans d’action, les marges de manœuvre de l'ANF restent limitées : il s’agit désormais de contenir, autant que possible, des espèces dont l’expansion ne peut plus être stoppée.

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