Renaturation 51 mesures pour améliorer la qualité de l'eau et protéger contre les inondations

Diana Hoffmann
adapté pour RTL Infos
Le ministre de l'Environnement Serge Wilmes organisait mardi, en collaboration avec le ministre des Affaires intérieures Léon Gloden et l'Administration de la gestion de l'eau, la deuxième table ronde nationale consacrée à la renaturation des cours d'eau. Les objectifs des 51 mesures élaborées dans le cadre de cette table ronde sont une amélioration de la qualité de l'eau mais aussi une meilleure protection contre les inondations et contre la sécheresse.
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© Christophe Hochard

La table ronde "Renaturation" est une plateforme de dialogue qui réunit le gouvernement, les communes, l’Administration de la gestion de l’eau ainsi que d’autres acteurs afin de discuter d’une renaturation accélérée des rivières et des cours d’eau au Luxembourg. Actuellement, les projets de renaturation prennent trop de temps, souvent entre sept et 10 ans, explique le ministre de l’Environnement Serge Wilmes.

"À l’avenir, nous devrons progresser plus rapidement et ne plus avoir besoin que de quelques années pour renaturer les cours d’eau principaux et secondaires du Luxembourg."

En effet, selon un objectif fixé par la Commission européenne, toutes les rivières et tous les cours d’eau du pays devraient être en bon état d’ici le 1er janvier 2027.

"Nous n’atteindrons pas cet objectif. Nous ne l’avons pas atteint au cours des quinze dernières années et il ne sera pas atteint cette fois-ci non plus. Nous en connaissons désormais les principales raisons. Nous sommes un pays densément peuplé et industrialisé. Nos milieux aquatiques subissent une pression importante."

De nombreux efforts ont été réalisés, mais ils ne suffisent pas. Après la première table ronde "Renaturation", 51 mesures ont été élaborées.

L’une des priorités est d'impliquer les citoyens, souligne Nora Elvinger, directrice des Ressources naturelles, de l’Eau et des Forêts au ministère de l’Environnement : "Il faut que les citoyens prennent conscience des avantages que cela leur apporte. Il faut également leur offrir des incitations financières. Et il faut aussi parvenir à mobiliser des terrains afin d’accélérer la renaturation."

La mobilisation des terrains constitue actuellement l’un des principaux problèmes de la renaturation, explique Serge Wilmes. Une solution consisterait à éviter que les communes ou l’État ne soient obligés d’acheter les terrains appartenant à des propriétaires privés.

"Que cela puisse aussi se faire au moyen d’un bail emphytéotique. Il s’agit d’un contrat de longue durée qui permet de mettre un terrain à disposition. Ou bien nous procédons à un remembrement, ce qui permet de redistribuer les terrains différemment."

La renaturation ne doit pas seulement être bénéfique à la société, mais aussi à ceux qui mettent leurs terrains à disposition, estime Nora Elvinger.

"Nous voulons mettre en place de nouvelles incitations financières, une sorte de bonus climatique (Klimabonus). Nous envisageons également de rémunérer les services rendus par les exploitants."

Le ministère des Affaires intérieures est lui aussi impliqué dans plusieurs projets visant à renforcer la résilience face aux inondations. Un nouveau règlement national des bâtisses va, par exemple, contribuer à rendre les communes plus respectueuses du climat, explique le ministre des Affaires intérieures Léon Gloden.

"Par exemple, un parking d’une certaine superficie ne pourra plus être imperméabilisé avec du macadam, mais il devra être réalisé avec un revêtement perméable à l’eau. Nous avons également prévu l’installation obligatoire de citernes enterrées pour récupérer les eaux de pluie. À cela s’ajoute toute une série d’autres mesures destinées à favoriser davantage la végétalisation des espaces publics et des bâtiments."

Par ailleurs, un stock national de matériel d’urgence, tel que des pompes à eau, est en cours de constitution pour faire face aux catastrophes. Le ministère des Affaires intérieures accordera également un "bonus de résilience" aux communes construisant des halls sportifs, par exemple, qui pourront aussi être utilisés en situation d’urgence.

"Cela signifie qu’en cas d’urgence, ces infrastructures pourront accueillir un certain pourcentage de la population. Ces personnes pourront y dormir, y être prises en charge et y recevoir de la nourriture."

Les 51 mesures présentées lors de la deuxième table ronde consacrée à la renaturation des cours d'eau doivent désormais être mises en œuvre le plus rapidement possible. Serge Wilmes espère que le plan d’action avec la stratégie gouvernementale sur l'eau, sera soumis au conseil de gouvernement à l’automne et qu’il sera adopté.

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