Automobiliste abattu à Bonnevoie30 ans de prison requis contre un ex-policier aux "tendances sadiques"

RTL Infos
La représentante du parquet a retenu, entre autres, comme circonstance atténuante le fait que le jeune homme n'avait pas de casier.

Le parquet a requis 30 ans d'emprisonnement avec sursis contre l'ex-policier qui a abattu un automobiliste en avril 2018 à Bonnevoie. La représentante du parquet s'est montrée convaincue du fait que l'accusé entretenait des fantasmes de violence qu'il comptait mettre en pratique à travers son poste au sein de la police grand-ducale.

Elle a souligné le fait que le drame qui s'était déroulé à peine 8 mois après son entrée en service et que l'accusé ne se trouvait pas dans une "zone de danger immédiate" lorsqu'il a ouvert le feu. Circonstance aggravante: les éléments révélés par l'enquête indiqueraient que l'ex-policier aurait pu se mettre hors de danger lors que la voiture s'est dirigée vers lui.

Le parquet a dressé le portrait d'un "manipulateur" qui "voulait faire la loi au commissariat" mais n'a pas demandé la prison à perpétuité pour plusieurs raison. La première étant que les situations où une voiture fonce sur des agents ne sont pas assez souvent simulées au sein de l'école de police. Et la seconde relève simplement de son âge et son casier qui était, jusque là, resté vierge.

La découverte d'images d'exécution sur l'ordinateur de l'accusé après les faits n'ont évidemment pas joué en sa faveur. Un psychologue mandaté pour les besoins de cette affaire l'a décrit comme un "voyeur friand de scènes de violences" et lui a attribué des "tendances sadiques" de l'ex-policier.

L'avocat du jeune homme est ensuite intervenu pour évoquer le "stress" qu'impliquent ce genre de situations. Il a insisté sur la vitesse à laquelle les faits s'étaient déroulés et les témoignages des policiers et des personnes sur place qui auraient confirmé que la voiture se dirigeait "droit vers lui". "C'était sa vie ou celle de l'automobiliste" a lâche l'avocat, Philippe Penning avant d'évoquer les images retrouvées sur l'ordinateur de l'accusé. Des images que l'ex-policier aurait consulté "pour décompresser" et qui ne feraient "pas de lui un tueur".

L'avocat a poursuivi en insistant sur le fait que la victime aurait reçu plusieurs fois l'ordre de s'arrêter et qu'elle se trouvait sous l'influence d'héroïne, de l'alcool et de médicaments. Il a également rappelé qu'elle avait déjà été impliquée dans une course-poursuite quelques mois plus tôt. De quoi en faire un danger pour autrui d'après M. Penning qui a n'a pas hésité à suggérer que le but de la victime aurait pu être de foncer sur un policier ce jour là et qu'il n'est passé à côté de l'accusé que parce qu'il avait vu l'arme pointée sur lui.

Affaire à suivre...

Back to Top
CIM LOGO