
Vingt-six emplois menacés et un risque "vital" pour les futures mamans et bébés : la fermeture possible de la maternité de Mont-Saint-Martin, une ville de 9.300 habitants à la frontière luxembourgeoise, inquiète soignants et élus locaux, qui étaient environ 300 à manifester samedi selon les organisateurs.
Derrière une banderole "Pour la santé des femmes et des bébés, pour un service de santé de proximité et de qualité : non à la fermeture de la maternité de Mont-Saint-Martin !", personnel soignant, syndicalistes et élus locaux ont défilé dans cette commune voisine de Longwy (Meurthe-et-Moselle).
L'Agence régionale de santé (ARS) Grand-Est avait indiqué mi-octobre que le Groupe SOS Santé, propriétaire de l'hôpital, l'avait informée de "difficultés persistantes de recrutement médical" dans ce service qui enregistre à peine plus de 300 naissances par an.
Avec le départ annoncé du seul gynécologue-obstétricien titulaire, l'établissement va "dépendre exclusivement de médecins remplaçants, sans garantie de continuité médicale suffisante", si bien que "les conditions nécessaires à la sécurité des accouchements ne peuvent plus être garanties", avait souligné l'ARS.
Le Groupe SOS Santé affirme pour sa part que "les discussions se poursuivent sur la possible réorganisation et l'arrêt des accouchements à la maternité".
Les femmes enceintes suivies vont être contactées, éventuellement pour qu'elles soient orientées vers un autre établissement à Thionville, à une cinquantaine de kilomètres, a précisé le groupe.
Toutefois, aucune décision n'a encore été prise, s'est-il défendu, contrairement à ce qu'affirment les soignants mais aussi les élus locaux, conviés à une réunion mi-octobre, et qui font part de leur inquiétude.
"Comment peut-on fermer la maternité sans aggraver les inégalités" de ce territoire, s'interroge Cherazad Vescovi, qui y officie comme auxiliaire de puériculture et s'exprime au nom du collectif Sauvons notre maternité.
Pour elle, contraindre les femmes enceintes, dans ce bassin de population d'environ 100.000 habitants, à parcourir davantage de kilomètres pour accoucher ou consulter un gynécologue-obstétricien, est une prise de risque inconsidérée, qui peut être "vitale" par exemple en cas d'hémorragie de la future maman.