
Le chef de l’État a assisté à ce tir depuis une frégate de la Marine nationale, a dit la présidence à l'AFP. "Très peu de nations disposent d'un tel savoir-faire", a estimé Emmanuel Macron sur le réseau X, dans un message assorti d'une vidéo montrant le tir. "Notre dissuasion nucléaire nous protège et continuera à nous protéger", a-t-il ajouté, après avoir multiplié les mises en garde, ces dernières semaines, contre les "menaces" russes.
Ce tir de missile, "dépourvu de sa charge nucléaire" selon le ministère des Armées, est considéré par ce dernier comme une "opération" militaire proprement dite. Celle-ci a été baptisée Smertrios.
L'engin, troisième version du missile mer-sol balistique stratégique M51, le M51.3 mis en service il y a un an, est retombé "en Atlantique Nord à plusieurs centaines de kilomètres de toute côte", a précisé le ministère des Armées dans un communiqué.
Ce déplacement présidentiel n'avait pas été préalablement annoncé par l’Élysée et s'est déroulé sans la présence de médias.
Le tir était lui "prévu de longue date" et "concrétise la volonté du président de la République de pérenniser la crédibilité opérationnelle et technique des forces nucléaires", a affirmé sur X la ministre des Armées Catherine Vautrin.
Il intervient dans un contexte de plus en plus tendu en Europe, où Emmanuel Macron a mis en garde contre un changement de nature de "l'agressivité russe et des menaces" contre les pays européens après une série d'attaques "hybrides" imputées à Moscou. Elles ne resteront "pas sans réponse", a-t-il promis mi-septembre.

Sur la vidéo postée sur X, le président a dit mardi aux militaires à bord de la frégate Auvergne: "Aujourd'hui nous sommes plus forts, et je pense que le message a été reçu fort et clair, partout où il devait être reçu".
Emmanuel Macron a aussi proposé cette année aux Européens de rejoindre la dissuasion nucléaire "avancée" née de sa nouvelle doctrine dévoilée au printemps, qui laisse la décision d'emploi de l'arme atomique dans les seules mains du chef de l’État français.
La France a mis en service il y a un an cette nouvelle version, dite M51.3, des missiles intercontinentaux déployés dans les sous-marins assurant la dissuasion nucléaire. Elle avait alors évoqué "une étape majeure dans la modernisation de la composante océanique de la dissuasion nucléaire française".
Mardi, le missile a été tiré depuis "le SNLE Le Vigilant dans le cadre de l’opération Smertrios afin de valider la capacité du sous-marin à mettre en œuvre le M51 après son indisponibilité périodique pour entretien et réparations", a souligné le ministère des Armées.
"Le missile a été suivi tout au long de sa phase de vol" par les autorités, "dans le strict respect des engagements internationaux de la France", a-t-il ajouté.
Ce tir visait également à préparer la prochaine génération du missile. "Fortement instrumenté, ce tir préparait (...) en plus l'avenir du M51, il emportait des expérimentations majeures au profit de l'évolution M51.4 dont le développement a été lancé en septembre 2025", selon Christophe Bruneau, président exécutif d'ArianeGroup, maître d'oeuvre industriel du missile, cité dans un communiqué.