
"Les Français continuent de manger de la viande. Notre responsabilité est de faire en sorte qu'elle reste produite en France", a déclaré Yves Fantou, président de Culture Viande lors d'une conférence de presse.
Les éleveurs envoient plus d'animaux à l'abattoir que d'habitude "car c'est compliqué aujourd'hui de les élever", faute de fourrage suffisant, les prairies n'ayant pas poussé à cause de la sécheresse, a-t-il ajouté, interrogé par l'AFP et FranceInfo.
La situation devrait se poursuivre dans les mois à venir avec "l'arrivée de bêtes maigres" dans les abattoirs, les capacités françaises d'engraissement étant déjà limitées. Cette crise intervient dans un contexte de baisse régulière des cheptels, liée au non-renouvellement des éleveurs.
"C'est catastrophique pour tout le monde", selon Yves Fantou, car "le marché n'est pas forcément prêt" à absorber des volumes de viande bovine plus importants, la consommation étant en berne.
En effet, si la consommation globale de viande a augmenté de 1,3% en France en 2025, elle est portée par le poulet et le porc, tandis que les viandes bovine (-3%) et ovine chutent. Pour le bœuf, la baisse serait même accrue depuis le début de l'année, selon Culture Viande.
Une raison de la baisse de consommation de viande bovine est la hausse des prix, qui s'est traduite en 2025 par une hausse de la rémunération des éleveurs.
Mais selon le lobby de la viande, si le prix d'achat des gros bovins par les abattoirs a augmenté de 22% en 2025, la hausse n'a été que partiellement répercutée sur les prix de vente (+14%).
Les marges des entreprises se sont ainsi contractées "au plus bas depuis 2017", selon Culture Viande, qui souligne aussi la hausse des coûts d'emballage et de l'énergie dans le sillage de la guerre au Moyen-Orient, et de l'eau.
Cet été, de nombreux éleveurs ont manifesté devant des abattoirs du groupe Bigard, qui fait partie de Culture Viande, pour dénoncer la baisse des prix payés aux éleveurs depuis le début de l'année.
"On est en discussion avec la production pour continuer de produire en France", a répondu Yves Fantou, interrogé par l'AFP au sujet de l'ultimatum lancé par plusieurs fédérations d'éleveurs pour avoir des revalorisations à la rentrée.