Reconstruction physique & mentaleLa vie des rescapés du bar de Crans-Montana à Metz

RTL Infos
Au centre de traitement des grands brûlés de Metz, quatre survivants de l’incendie meurtrier de Crans-Montana poursuivent depuis début janvier un long parcours de reconstruction.
© JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN/AFP

Le sinistre, survenu dans la nuit du Nouvel An dans le bar Le Constellation, avait fait 41 morts et 115 blessés, en grande majorité des jeunes. L’enquête pénale, désormais élargie à cinq responsables et ex-responsables de la commune, vise désormais neuf personnes.

Parmi les quatre grands brûlés transférés en France, trois jeunes Français – Matthieu, Tahyris et Annaëlle – ont été accueillis dans l’unité 3B de l’hôpital Mercy. Leur arrivée avait nécessité une organisation exceptionnelle : quinze lits avaient été libérés, dont huit en réanimation, afin de pouvoir les prendre en charge immédiatement. “Il fallait anticiper pour pouvoir accueillir ces patients dans les meilleures conditions”, explique Frédérique Tezza, cadre de santé à nos collègues de RTL France.

Le chirurgien Ryad Aliedine a établi les premiers bilans: entre 20 et 60 % de la surface corporelle brûlée selon les cas. Pour les plus gravement touchés, le corps est presque entièrement recouvert de pansements. Les premières interventions sont longues, parfois jusqu’à six heures, notamment pour les greffes du visage, où la peau est prélevée sur le cuir chevelu pour conserver une teinte proche.

Après plusieurs semaines, parfois plusieurs mois d’hospitalisation, les patients rejoignent le centre de rééducation de l’hôpital Félix-Maréchal, en périphérie de Metz. Une rescapée du Constellation y est encore suivie. L’objectif est clair: limiter au maximum les séquelles. “La brûlure épaissit la peau et réduit la mobilité. Il faut éviter que les articulations se figent”, explique Magali Olive, responsable du service. Vêtements compressifs, soins quotidiens, séances de kinésithérapie: chaque patient suit un programme sur mesure. Jusqu’à cinq mois de rééducation peuvent être nécessaires.

À leur retour à domicile, les contraintes restent lourdes: hydratation de la peau plusieurs fois par jour, interdiction de sport, protection stricte contre le soleil pendant des années. Un suivi régulier est assuré tous les trois à six mois.

L’accompagnement psychologique est tout aussi essentiel. Certains patients ont du mal à accepter leur nouvelle apparence. “Il faut parfois du temps pour qu’ils puissent se regarder dans un miroir. Certains ne sont pas prêts. On couvre alors le miroir jusqu’à ce qu’ils puissent affronter leur image”, confie Magali Olive.

Plus de deux mois après le drame, un patient brûlé à 60 % est toujours hospitalisé à Metz. Un autre poursuit sa rééducation. Les deux autres ont pu rentrer chez eux, amorçant une reconstruction qui s’annonce longue, physique autant que mentale.

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