Dans les VosgesDeux frères soupçonnés d'avoir séquestré leur mère et caché sa mort pendant des années

AFP
Deux frères ont été mis en examen vendredi, soupçonnés d'avoir séquestré leur mère et d'avoir dissimulé sa mort pendant plusieurs années, avec la complicité de la compagne de l'un d'eux, à Saint-Michel-sur-Meurthe, dans l'est de la France.
© AFP Illustration

Une enquête pour disparition inquiétante avait été déclenchée après le signalement, le 28 janvier par le maire du village de quelque 1.700 habitants, de l’absence depuis au moins trois ans d’une habitante, Liliane Coinchelin.

Les deux fils de cette femme née en 1953 et placée sous tutelle, ainsi que la compagne de l’aîné, avaient donné “des versions peu crédibles sur la disparition”, a indiqué le procureur d’Epinal, Frédéric Nahon, dans un communiqué.

Le trio a a été placé en garde à vue. Le plus jeune des fils, 39 ans, a gardé le silence, mais le fils aîné, 45 ans, et sa compagne de 40 ans ont reconnu que Liliane Coinchelin “avait été séquestrée” au domicile du fils cadet “pendant plusieurs mois en étant enfermée dans sa chambre, sans aucun soin et peu de nourriture”.

“Elle y était privée de liberté” derrière une “glace sans tain” et “surveillée en permanence par une caméra reliée aux téléphones de ses deux fils”.

Le fils aîné a affirmé que son frère avait “poussé sa mère à plusieurs reprises sur le lit” et que l’état de santé de la vieille dame “s’était dégradé”, celle-ci ne pesant plus que 30 kg.

Lors de sa dernière audition, il a avoué “avoir vu son frère secouer sa mère”, décédée “juste après ce geste”.

Les faits se seraient déroulés entre octobre 2022 et fin janvier 2023, alors que la victime avait un peu moins de 70 ans.

Selon l’aîné, son frère a ensuite entreposé le cadavre de leur mère dans le garage, puis l’a enterrée dans un bois.

Les deux hommes ont ensuite “de concert continué à utiliser les comptes de la défunte en laissant croire qu’elle était toujours vivante”, a indiqué le procureur.

De “nombreux prêts” ont aussi été souscrits par les deux fils au nom de leur mère.

Le plus jeune a été mis en examen pour actes de torture et de barbarie ayant entraîné la mort. L’aîné et sa compagne ont été mis en examen pour complicité d’acte de torture et de barbarie ayant entraîné la mort, ainsi que séquestration en bande organisée et escroquerie en bande organisée.

Tous deux avaient été “jusqu’à affirmer que la victime était encore vivante, en janvier 2026, ayant passé les fêtes de Noël avec elle, puis en organisant une battue, alors qu’ils savaient que la victime était décédée depuis plusieurs années”, selon le procureur.

L’enquête va se poursuivre notamment pour retrouver le corps de la victime.

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