
La papamobile déboule au bout de la rue Winston Churchill, cinq motards ouvrent la voie. Léon XIV sourit et salue l'immense foule le long de la Place de la République. Debout devant le palais de justice, Marie-Hélène n'en perd pas une miette. Le pape passe à quatre mètres. Le silence se refait. Elle ne peut contenir ses larmes. Son petit-fils Ewen, 16 ans, l'épaule. "Même si on n'en voit qu'une petite partie -par rapport à la télévision- ce ressenti, il n'y a rien de mieux. C'est un vrai moment de partage avec Ewen", glisse Marie-Hélène, bouleversée. Elle est spécialement venue de Nancy pour "ressentir l'émulation, l'ambiance" autour du pape. Elle a été servie.

"J'ai même la gorge serrée", se surprend jean, 76 ans, qui "n'a jamais vu un pape" jusqu'ici. Celui qui a été tailleur de pierres toute sa vie durant -y compris pour des projets sur la cathédrale de Metz- et dont le père a fait la guerre, et qui a perdu six oncles, a fait le déplacement de Marly avec un secret espoir: "J'espère qu'il ramènera la paix dans ce monde".
Venue de Reims, Chloé, 26 ans, boucle ce lundi une neuvaine. Une pratique de prière chrétienne, surtout chez les catholiques, qui consiste à prier neuf jours de suite pour confier une intention particulière ou demander une grâce. "Je suis venue voir le pape avec cette espérance de trouver un travail. J'aimerais organiser des séminaires. Mais cela fait deux ans que je suis en recherche d'emploi". Chloé, comme des milliers de pèlerins qui ont afflué à Metz, "a senti qu'il fallait venir. Le pape a dit qu'il aimait notre pays et il a spécialement appris le français pour nous".

"C'était l'occasion. Je n'étais pas venue voir Jean-Paul II et c'est peut-être la dernière fois que j'aurais l'occasion de voir un pape", raconte Thérèse, 61 ans, qui vit à Montigny-lès-Metz.
"C'est un sentiment de ne plus se sentir seul. Mais qu'il y a beaucoup de gens comme moi. Mais qui ne le disent pas", témoigne pour sa part Joël, 71 ans, arrivé de Fey. Et il rajoute en voyant l'immense foule: "On se sent heureux d'être ensemble".
Debout sur un plot aux côtés de son père Philippe, Marine, 20 ans, retient que "c'est beau de pouvoir partager cet instant avec toute une communauté autour. On a discuté avec tellement de gens! Je trouve ça beau de vivre ce rassemblement ensemble et de ressentir plus d'émotions que face à un écran".

"C'est très émotionnel. C'est même poignant de voir tous ces gens", glisse Sabine, 56 an, qui vit et a vu le pape à Metz. "Ce pape amène une grâce et un espoir. Ses discours nous prennent aux tripes, c'est bluffant! Ils sont plus humains et plus et il est plus communicant que d'autres papes" estime Jean-Pascal, 66 ans, qui a fait la route depuis Marly. "J'ai eu la chance de voir Jean-Paul II quand j'étais enfant de cœur", se souvient Philippe, 56 ans. Le pape Léon il le voit comme un homme "porteur de paroles de bon sens et de paix. C'est une ouverture pour le monde entier". Il est venu car il croit "en la parole du pape. Et son humanité".
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