
La crise énergétique actuelle affecte bien plus les conducteurs de véhicules à moteurs thermiques que ceux de voitures électriques.
Pour les gros rouleurs, le passage à l’électrique représente une économie qui peut se chiffrer en centaines d'euros par mois, comme le montre une nouvelle étude de l'ONG Transport&Environment. En prenant seulement en compte les dépenses en carburant, un véhicule électrique qui roule 2.300 km par mois permet à son propriétaire - particulier ou entreprise - d'économiser environ 200 euros par mois par rapport à un modèle thermique.
Le calcul de l'ONG a été établi pour un automobiliste français. Si l'on se base sur les prix luxembourgeois, l'économie est un peu moins substantielle, mais reste élevée. Une voiture essence “moyenne” consomme environ 6,5 L/100 km pour une compacte/familiale typique, soit 10.75 euros au tarif actuel. Pour 2.300 kilomètres parcourus, la dépense est d'environ 250 euros.
À l’inverse, une voiture électrique consomme en moyenne entre 15 et 20 kWh pour 100 km. Avec un tarif d’électricité domestique situé entre 0,13 et 0,28 €/kWh selon les contrats et heures creuses, le coût chute drastiquement : environ 2 à 4 euros pour certains contrats. Mais même si l'on se base sur la moyenne haute retenue par T&E, à savoir 5,6 €/100 km, un conducteur de voiture électrique qui se charge à domicile paiera 128 euros mensuels pour parcourir la même distance. Au final, l’économie s’élève à 122 euros par mois.
En comparant les deux motorisations, l’écart devient donc évident. Le niveau réel d’économies dépend toutefois d’un facteur clé : le mode de recharge. Recharger principalement à domicile, notamment en heures creuses, est essentiel pour maximiser les gains. Les bornes rapides, plus coûteuses, réduisent l’avantage économique, sans toutefois l’annuler.
Mais les économies ne se limitent pas à la recharge. L’entretien d’un véhicule électrique est également moins coûteux :
Au total, le coût global d’utilisation peut être 30 à 40 % inférieur à celui d’une voiture thermique. D'ailleurs de nombreux automobilistes ont décidé de franchir le pas. Les ventes de véhicules électriques ont bondi depuis la crise pétrolière.
Les voitures électriques représentent près d’une voiture sur quatre vendues en Europe en mai, soit une hausse de 31,8 % par rapport à l’année dernière.
Les immatriculations de véhicules électriques à batterie ont atteint une part de marché de 23,6 % en mai 2026 sur les 17 principaux marchés. 212.387 voitures électriques ont été immatriculées, soit une hausse de 34,4 % par rapport à la même période de l’année précédente.
Bastien Gebel, responsable décarbonation de l’industrie automobile à T&E France, affirme que "Les véhicules électriques protègent les conducteurs contre la flambée des prix du pétrole. Il n'est pas dans l'intérêt de l'Europe de ralentir l’électrification, et le gouvernement devrait s'opposer à toute tentative de revenir sur les objectifs de l'UE en matière de voitures électriques".
D'autant que les voitures électriques ont permis à l'Europe d'économiser 12 milliards d'euros d'importations de pétrole sur la dernière décennie.