
Les lunettes connectées devraient clairement signaler quand elles filment, prennent des photos ou enregistrent du son, au nom du respect de la vie privée, a réclamé mardi le régulateur européen en charge de la protection des données (EDPB).
"Les lunettes connectées devraient rendre leurs fonctions d'enregistrement clairement visibles, par exemple grâce à des LED lumineuses, des signaux sonores, des commandes vocales, des notifications respectueuses de la vie privée sur smartphone ou encore grâce à un design distinctif", a plaidé Anu Talus, la présidente de ce Comité européen de la protection des données, dans un avis non contraignant.
"Ces avertissements doivent être fiables, difficiles à ignorer et toujours à jour", a-t-elle demandé.
"Même dans l'espace public, les personnes doivent pouvoir comprendre clairement qu'elles sont filmées ou photographiées. Lorsqu'il s'agit de vie privée, les citoyens méritent des avertissements explicites, pas des surprises cachées", a insisté cette responsable.
Ces montures bardées de capteurs, caméras, hauts-parleurs et dont les verres servent aussi d'écran, sont vues depuis des années par les gourous de la tech comme la nouvelle révolution dans les objets "intelligents", après les montres.
Mais alors que les ventes commencent à décoller un peu partout, un retour de bâton s'opère en Europe, avec des appels à les bannir de l'espace public, voire à les interdire à la vente.
Ces outils "soulèvent d'importantes questions en matière de protection des données personnelles" et de "libertés fondamentales" car les "personnes peuvent être enregistrées à leur insu", insiste l'EDPB, un organisme indépendant respecté.
Le régulateur européen souligne les risques plus importants encore dans des "environnements sensibles", comme les hôpitaux, les écoles ou le lieu de travail, et insiste sur la vulnérabilité des enfants, "qu'ils utilisent eux-mêmes ces lunettes ou qu'ils soient filmés".